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26/11/2008 à 09:25
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Il y a bien longtemps que les Togolais n’avaient connu une année aussi faste. Sur le plan politique, la normalisation engagée par le chef de l’État, Faure Gnassingbé, depuis la mort de son père, Gnassingbé Eyadéma, en février 2005, s’est poursuivie et même accélérée. Pour la première fois depuis 1993, des élections législatives pluralistes se sont tenues dans le calme, le 14 octobre 2007. Les partis d’opposition y ont participé, parmi lesquels l’Union des forces de changement (UFC) de Gilchrist Olympio et le Comité d’action pour le renouveau (CAR), qui ont respectivement remporté 27 et 4 des 81 sièges que compte l’Assemblée nationale. Même si le Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir) a raflé la majorité avec 50 sièges, cette consultation marque un tournant dans l’histoire mouvementée du pays.

Peu connu, le nouveau Premier ministre Komlan Mally a pris la succession de Yawovi Agboyibo le 3 décembre 2007 pour former un gouvernement resserré de 21 ministres, contre 34 dans le précédent. Bien que qualifiée d’ouverture, la nouvelle équipe ne compte pas de ministre issu de l’UFC ou du CAR, mais le parti d’Olympio siège à la tête de trois des sept commissions de l’Assemblée nationale, dont celles du Développement économique et de l’Aménagement du territoire.

L’heure est également à la reconstruction sur le plan économique. Alors qu’elle avait interrompu sa coopération en 1993 pour cause de « déficit démocratique », l’Union européenne a renoué des relations pleines et entières avec le Togo en novembre 2007. Elle débloquera au cours des cinq prochaines années plus de 120 millions d’euros au titre du 10e Fonds européen de développement (FED), en plus de subventions non remboursables destinées à soutenir l’appareil judiciaire ou encore à financer des projets urbains. Cette reprise est décisive en ce qu’elle ouvre la voix au redémarrage des programmes du Fonds monétaire international (FMI), qui permettront, à terme, de déboucher sur une annulation de la dette extérieure, actuellement insoutenable (1,7 milliard de dollars en 2006, soit environ 80 % du PIB), dans le cadre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). De quoi faire décoller la croissance, qui stagne sous les 3 % depuis plus d’une décennie.

L’assistance financière et technique des bailleurs devrait aussi permettre de redresser les deux secteurs stratégiques que sont le phosphate et le coton. En voie de privatisation depuis plusieurs années mais endettée et mal gérée, la Société togolaise de coton (Sotoco), principal acteur de la filière, prévoit de ne récolter que 50 000 tonnes de coton-graines pour la campagne 2007-2008, contre 173 000 tonnes en 2004. Première recette à l’exportation du pays, les phosphates ont, pour leur part, vu leur production chuter de moitié au cours des dix dernières années, à 1,2 million de tonnes en 2007. En charge de leur exploitation depuis 2002, l’International Fertilizers Group-Togo a été dissous en mai 2007 au profit d’une nouvelle entité publique, la Société nouvelle des phosphates du Togo (SNPT). Seule ombre au tableau dans ce contexte positif : la lutte fratricide que se livrent les deux descendants de l’ancien président Eyadéma, marquée par le limogeage de Kpatcha Gnassingbé, ministre de la Défense du précédent gouvernement et frère cadet de Faure Gnassingbé.

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