Extension Factory Builder
08/02/2013 à 08:41
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Moncef Marzouki devant le Parlement européen, le 6 février 2013. Moncef Marzouki devant le Parlement européen, le 6 février 2013. © AFP

Moncef Marzouki a prononcé un discours, le 6 février, qui fera date dans l'histoire du Parlement européen. Retour sur ce discours et sur ceux, tout aussi historiques, qui l'ont précédé.

L’émotion aura été rarement aussi intense dans l’hémicycle du Parlement européen, à Strasbourg, qu'en cette journée du 6 février 2013. Le discours du président tunisien Moncef Marzouki, en faveur de la démocratie, au lendemain de l’assassinat de l’opposant de gauche Chokri Belaïd, a ému aux larmes les eurodéputés présents, de droite comme de gauche.

Ne parvenant pas lui-même à dissimuler ses sanglots, le président tunisien a dénoncé l'« odieux assassinat d'un leader politique » et d'un « ami de longue date ». « Cet assassinat politique, c'est une menace, c'est une lettre envoyée, mais qui ne sera pas reçue », a-t-il déclaré.

 Discours intégral de Moncef Marzouki devant le Parlement européen, le 6 février 2013 à Strasbourg.

Dans son discours, le président tunisien - un laïc allié aux islamistes d'Ennahda qui dirigent le gouvernement - a promis de protéger « la Tunisie moderniste », de « défendre toutes les libertés » et de « protéger les acquis de la femme ».

"Fraternité entre les peuples"

Moncef Marzouki a profité pour de sa présence à Strasbourg pour exprimer sa gratitude au Parlement européen qui lui avait octroyé « un passeport de la liberté » symbolique, quand lui-même en était privé, sous la dictature de Zine El Abidine Ben Ali. « L’Union européenne nous fascine parce qu’elle a réussi de plus remarquable : la réconciliation franco-allemande. L’existence d’un tel miracle montre la possibilité de sa reproduction malgré la rareté des miracles », a-t-il ajouté, avant de saluer l’Union européenne, « un haut lieu de la démocratie, de la paix et de la fraternité entre les peuples ».

À la fin de ce discours historique, qu'il a conclu par « Que la paix soit avec vous ! », les députés de toutes tendances politiques confondues se sont levés et ont ovationné M. Marzouki. L’euro-député vert Daniel Cohn-Bendit, tout comme le chef de file des conservateurs Joseph Daul, étaient submergés par les larmes. « Cela a été un des moments les plus émouvants ici au Parlement depuis longtemps », a reconnu le président de l'institution, l'Allemand Martin Schulz. « J'ai rarement vu des collègues si durs et si forts normalement pleurer ensemble, de gauche à droite, donc c'était un moment exceptionnel », a-t-il déclaré, la voix nouée.

Moncef Marzouki entre, avec ce discours, dans l'histoire du Parlement européen, après d'illustres prédécesseurs comme Simone Weil, Anouar Al Sadate ou encore Vaclav Havel.

Retour, en images, sur ces moments forts de l'éloquence politique.

 

Quelques grands moment au Parlement européen : 

17 juillet 1979, Simone Weil est élue à la présidence du parlement et prononce son premier discours.

 

Le 10 février 1981, Simone Veil accueille le président égyptien Anouar el Sadate, prix Nobel de la paix (1978) conjointement avec Menahem Begin. 

 

Discours de Vaclav Havel, le 20 mars 1991 en session plénière à Strasbourg.

 

Discours de Lech Walesa invité le 4 avril 1991 au parlement européen. Il évoque la de la Pologne et des autres pays post-communistes, à l'entrée dans l' Union Européenne.

Le Parlement européen est aussi le lieu de joutes verbales, comme celle qui a lieu ce entre Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen en juillet 2008 :

________

Jean-Sébastien Josset (@jsjosset)

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Tunisie

Armée tunisienne : la grande désillusion

Armée tunisienne : la grande désillusion

Incapable de venir à bout des maquis jihadistes, minée par des querelles au sommet, gangrenée par la politique, la grande muette a beaucoup perdu de sa superbe. Enquête exclusive sur une institut[...]

Attentat du Bardo en Tunisie : doutes sur l'implication du suspect marocain arrêté en Italie

Un nouveau suspect a été appréhendé mercredi à Gaggiano, en Italie, dans le cadre de l'affaire de l’attentat du Bardo. Mais les premiers éléments laissent à penser[...]

Tunisie : contre la contrebande, l'électronique !

Habib Essid, le Premier ministre tunisien, et Slim Chaker, son ministre des Finances, ont donné carte blanche à Adel Ben Hassine, le directeur général des douanes fraîchement nommé,[...]

Les femmes africaines peinent à percer le plafond de verre

Éducation, travail, indépendance... Malgré de timides avancées, le statut des femmes n'a que peu progressé en Afrique, selon les participantes du 5e forum social d’Essaouira, au Maroc, du[...]

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi reçu par Barack Obama à la Maison blanche

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi sera reçu jeudi à Washington par son homologue américain Barack Obama. Cette deuxième rencontre entre les deux hommes à la Maison[...]

Comment Samir Tarhouni, l'ancien chef de la BAT, a empêché les Trabelsi de quitter la Tunisie en 2011

Samir Tarhouni, l'ancien patron de la brigade antiterrorisme (BAT) a été l'un des principaux protagonistes du départ de Ben Ali. Retour sur un épisode clé de l'histoire tunisienne[...]

Tunisie : voyage au coeur de la BAT, la brigade antiterrorisme

Devenue un symbole national depuis l'arrestation des Trabelsi, en 2011, la brigade antiterrorisme nous ouvre pour la première fois ses portes.[...]

Attentat du Bardo en Tunisie : un suspect marocain arrêté en Italie

Un suspect marocain a été appréhendé mercredi dans le nord de l'Italie, pour complicité présumée dans l'attentat du Bardo. Le résultat d'une coopération avancée[...]

Libye : 172 Tunisiens pris en otages par une milice islamiste du groupe Fajr Libya

Les autorités tunisiennes ont annoncé lundi l’existence de négociations en vue de la libération de 172 ressortissants détenus en Libye par un groupe de la coalition de milices islamistes[...]

Tunisie : Meriem Belkhadi, les raisons d'un départ

Meriem Belkhadi, la populaire journaliste qui animait les débats sur Nessma TV, a brusquement mis fin à sa collaboration avec la chaîne.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers