Extension Factory Builder
09/01/2013 à 12:15
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Politiciennes aguerries, businesswoman débutante et artiste engagée... Zoom sur quatre battantes, qui ne sont pas toujours là où on les attend.

 

  • Bassima Hakkaoui, seule et fière de l'être

Ministre de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social

Depuis janvier 2012, l'unique femme du gouvernement de Benkirane prend beaucoup de coups. Du temps où elle était simple députée du Parti de la justice et du développement (PJD, islamiste), elle en rendait beaucoup. Un goût de la castagne acquis au sein de la Jamaa Islamiya, ancêtre du PJD, lorsqu'elle était étudiante à l'université Mohammed-V de Rabat. Élue en 2002, réélue en 2007 et en 2011, Bassima Hakkaoui, 52 ans, s'est distinguée au Parlement par son sérieux. Elle a aussi beaucoup croisé le fer avec les féministes au moment du « plan d'action pour la femme », première tentative de réformer le code de la famille sous le gouvernement d'Abderrahmane Youssoufi, avant de se plier, comme tous ses frères islamistes, à l'arbitrage royal, en 2004. Son foulard très strict et sa djellaba - « à 400 dirhams » (35 euros), persiflent ses détracteurs - lui ont valu bien des railleries le jour de sa nomination au gouvernement. Mais l'enseignante, diplômée en psychologie sociale, s'en moque. Elle cultive sa fibre populaire.

  • Nabila Mounib : gauche dure et gants de velours

Secrétaire générale du Parti socialiste unifié (PSU)

Comme un pied de nez à la présence minimale de la gent féminine au gouvernement, Nabila Mounib a été élue à la tête du Parti socialiste unifié (PSU) en janvier 2012. Une première pour cette formation héritière du mouvement marxiste-léniniste et refuge des déçus de la gauche de gouvernement. Professeur de biologie à l'université Hassan-II de Casablanca et militante du Syndicat national de l'enseignement supérieur (SNESup), Mounib défend les positions radicales du PSU, dont le boycott du référendum constitutionnel, puis celui des législatives, en 2011. En jeans et baskets ou en version glam à la une des magazines féminins, elle s'impose logiquement comme l'égérie de cette « nouvelle gauche » marocaine. Celle qui dit non. Au risque de ne pas être entendue quand elle défend la monarchie parlementaire ou la laïcité.

  • Kenza Bennis : sois belle et lance-toi

Fondatrice de Fronesis et Blooming Box

Après avoir touché à la diplomatie lors d'un stage à l'ONU en 2006, titulaire d'un master en finance de l'EMLyon Business School, en France, et d'un MBA de l'université Jiaotong de Shanghai, en Chine - où elle aura le déclic -, Kenza Bennis (27 ans) rumine son idée de start-up tout en travaillant pour une banque d'investissement marocaine. En octobre 2011, elle crée sa société, Fronesis, pour lancer Blooming Box, la première boutique en ligne marocaine spécialisée dans les produits cosmétiques et basée sur les souscriptions. En mars 2012, pour la Journée de la femme, des coffrets beauté sont envoyés en avant-première à 200 VIP. Le concept fait mouche. Les abonnements aux box découverte mensuelles suivent. Pour compléter le dispositif, la boutique en ligne a ouvert en novembre, avec déjà douze marques haut de gamme. Et l'envie, pour Kenza, de faire fleurir d'autres e-projets. Elle sait que la pente de l'entrepreneuriat est ardue, mais pressent que l'autoroute de l'internet est droite et prometteuse.

  • Fatym Layachi, à son corps défendant

Actrice

Elle s'élève contre toutes les entraves à la création. À commencer par l'autocensure. Révélée au cinéma en 2005 dans Marock, de Laïla Marrakchi, une bluette qui fit grand bruit dans le royaume pour avoir été la cible des islamistes de tout poil, Fatym Layachi, 29 ans, semble abonnée aux créations iconoclastes. L'an dernier, dans Un film, une production à petit budget de Mohamed Achaour, elle campe l'épouse d'un réalisateur paumé. Une mise en abyme dont le langage et certaines scènes ont valu au film un retrait des salles quatre jours après sa sortie. Membre du collectif Culture libre, créé en février, et en réaction à « l'art propre » prôné par les islamistes du PJD, la comédienne a posé en mai pour une photo choc, allongée dans une décharge publique de Casablanca. Depuis sa sortie fin novembre dans les salles marocaines, le film de Lahcen Zinoun, Femme écrite, une invitation à explorer la symbolique du corps tatoué en pays amazigh, où elle incarne le premier rôle féminin, vaut encore une fois à Fatym Layachi bien des critiques. Et des milliers de coups de chapeau.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Maroc

France : la Cour de cassation valide le mariage d'un couple homosexuel franco-marocain

France : la Cour de cassation valide le mariage d'un couple homosexuel franco-marocain

Après dix-huit mois de quiproquo judiciaire, la Cour de cassation française a validé mercredi le mariage d'un couple homosexuel franco-marocain. Le parquet s'opposait à la légalité de l'un[...]

Immobilier : Zinafrik lance un mégaprojet logistique au Maroc

Selon les informations recueillies par "Jeune Afrique", le groupe marocain Zinafrik, spécialisé dans la sidérurgie, l'immobilier et la logistique, a conclu un partenariat stratégique avec[...]

France : le Conseil constitutionnel valide la déchéance de nationalité d'un jihadiste franco-marocain

Le Conseil constitutionnel a validé vendredi la déchéance de la nationalité française d'un jihadiste franco-marocain condamné pour terrorisme. Une décision qui était[...]

France-Maroc : Salaheddine Mezouar reporte sa visite à Paris

Prévue vendredi prochain, la visite en France du ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, censée débloquer la crise diplomatique entre Paris et Rabat, a été[...]

Six ans de prison requis en France à l'encontre d'un "cyberjihadiste" marocain

Devant le tribunal correctionnel de Paris, le procureur a requis mardi six ans de prison et une interdiction définitive du territoire français à l'encontre de Fahd Jobrani, un "cyberjihadiste"[...]

Pour Carlos Ghosn, le "Nigeria est le Brésil de demain"

Pour Carlos Ghosn, le décollage du marché automobile nigérian n'est qu'une question de temps. Et l'alliance Renault-Nissan dont il est le patron se positionne déjà pour être[...]

Mezouar à Paris : réconciliation en vue entre le Maroc et la France ?

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, sera à Paris vendredi 23 janvier. Objectif : "Surmonter définitivement et durablement les obstacles qui entravent la[...]

Le Maroc répond à l'appel du large

Le littoral marocain, c'est 3 500 km de côtes cernées par le désert et les montagnes. Un espace stratégique pour le royaume, qui, en développant la pêche et le commerce[...]

Laurent Fabius ira à Rabat pour tenter de résoudre la crise diplomatique franco-marocaine

Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, a déclaré jeudi qu'il se rendrait "prochainement" à Rabat. Objectif : tenter d'apaiser les relations[...]

Sahara occidental : les offensives diplomatiques du Polisario

Près de quarante ans après la Marche verte, les partisans de la RASD se replient sur le terrain militant en jouant à fond la carte des droits de l'homme. Mais le Maroc n'entend pas se laisser faire.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/ARTJA20130104103911 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/ARTJA20130104103911 from 172.16.0.100