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24/12/2011 à 14:22
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L'opposant Idrissa Seck, tombé en disgrâce en 2005. L'opposant Idrissa Seck, tombé en disgrâce en 2005. © YL

Dans le numéro de Jeune Afrique paru le 25 décembre (2659-2660), Idrissa Seck se confie. Avare en paroles, l’ex-Premier ministre sénégalais a cependant toujours la formule-choc.

La prison, a longtemps répété le patron de Rewmi (opposition), est un raccourci vers le Palais. Les mois qu'il a passés dans sa cellule de Reubeus, entre 2005 et 2006, à l'époque où il était accusé de détournement de fonds et d'atteinte à la sureté de l'État sénégalais dans l'affaire des chantiers de Thiès, lui ont permis de se forger un image de martyr, il en est convaincu, et d'arriver deuxième à l'élection présidentielle de 2007 (avec 14,8 % des suffrages). Idrissa Seck, 52 ans, n'a jamais fait mystère de ses ambitions. Le 26 février prochain, il compte bien bouter Abdoulaye Wade, 86 ans, hors de la présidence.  

À lire aussi dans J.A. 2659-2660  

« L’Homme de l’année, c’est vous »

Le roi Louis XVIII avait tort : ce ne sont pas les grands hommes qui donnent à leur siècle les secousses dont se repaît l’Histoire, ce sont les peuples. Retour sur une année 2011, à nulle autre pareille sur le continent.

+ les 20 événements qui ont fait l’Afrique en 2011.

  « J’ai une communauté de destin avec le Sénégal, nous explique-t-il. Ce qui m’intéresse moi, c’est qu’un Sénégalais sur deux vit au-dessous du seuil de pauvreté. J’ai vu ma mère porter le toit de notre case, par jour de pluie, pour qu’il ne s’écroule pas sur ses enfants. J’ai vu mes parents se saigner pour ma santé et pour mon éducation. Et ce que je suis devenu par la suite est le résultat de l’effort de ces gens-là. Aujourd’hui, ce parcours exceptionnel, je le veux pour chaque Sénégalais. »

Ancien proche, véritable opposant

Elle est loin l'époque où le chef de l'État ne tarissait pas d'éloge sur « ce jeune homme doué », originaire de Thiès, tantôt beau parleur, tantôt tonitruant, mais toujours « doté d'une capacité d'analyse hors du commun ». Lui, l'ancien Premier ministre (de novembre 2002 à avril 2004) que les Sénégalais avaient découvert comme directeur de campagne de Wade, en 1988, dit ne pas avoir d'amertume contre son ancien mentor, tout au plus « de la pitié »... « Le même sentiment qu'avait dû éprouver le général de Gaulle devant Philippe Pétain », lâche-t-il. D'autant « que Wade a été un bon opposant, qu'il a été très bien élu, qu'il a commencé par être un bon président et qu'il avait le potentiel pour être un dirigeant exceptionnel ».

Au siège de son parti, Rewmi, il est précis, concentre ses attaques sur les ambitions supposées de Karim Wade – l'autre fils, le vrai, celui à cause duquel il a été écarté, jure-t-il – et s'agace de la comparaison avec Macky Sall, autre candidat à la présidentielle, autre ancien chef du gouvernement, autre déçu du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir).

Au Sénégal, certains l'ont affublé du surnom de « girouette », en référence à son exclusion du parti (2005), puis à son retour (2009) puis à sa nouvelle exclusion (2011). Lui proteste, promet qu'il est resté fidèle aux valeurs libérales et que son « seul problème, c'est Abdoulaye Wade ».

Retrouvez toute l’interview dans Jeune Afrique n°2659-2660, en vente à partir du 25 décembre 2011, jusqu’au 7 janvier 2012.

 

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