30/10/2009 à 18h:56 Par Pascal Airault
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Le salon aménagé pour la présidence Le salon aménagé pour la présidence © DR

Après l'affaire Jean Sarkozy, c'est le nouveau buzz embarassant pour le président de la République. Mais certains faits semblent avoir été exagérés.

La douche et les frais de bouche des invités de Nicolas Sarkozy ont fait le tour du monde toute la fin de la semaine dernière.

Tout est parti des déclarations d’indignation du député de gauche René Dosière, le 27 octobre. « Le sommet de Paris, organisé le 13 juillet 2008, pour lancer le grand projet du chef de l’Etat (NDLR : l'Union pour la Méditerranée) a coûté près de 17 millions d'euros aux contribuables français », s’est emporté le parlementaire, habitué à donner des leçons d’orthodoxie financière.

Un certain nombre d'erreurs...

S’appuyant sur les révélations d'un rapport de la Cour des comptes, il en a donné le menu détail : un dîner des chefs d'Etat pour un coût de plus d’un million euros, soit 5 050 euros par personne ou l'installation d'une douche à l'usage exclusif du président, pour un prix de 245 772 euros.

« Il y a eu un certain nombre de dérives d’erreurs », confirmait, deux jours plus tard, Philippe Seguin, le président de cette institution… avant de relativiser le jour suivant.

Que dit le rapport de la cour des comptes ? D’une manière générale, les prestations ont été considérables. Il a fallu les réaliser dans des délais serrés : une salle pour la déclaration finale, une salle d’écoute, huit salles de point-presse, des bureaux pour les chefs de délégation, huit salons d’entretien bilatéraux (avec salle de douche attenante), 32 cabines d’interprétation, la climatisation pour 3000 personnes.

Le chantier a mobilisé 500 ouvriers qui ont travaillé nuit et jour. Le service du protocole du ministère des Affaires étrangères a passé les commandes. En raison de la préparation tardive de la manifestation, aucun appel d’offres n’a été lancé, entraînant inévitablement des surcoûts.

La douche fait débat

Mais le Contrôle budgétaire et comptable ministériel (CBCM) a vérifié la conformité des opérations. En fait, le prix du dîner est estimé à 310 euros par invité. Ce qui a coûté cher, c’est la location de salle de réception (339 510 euros), Le Petit palais, par la mairie de Paris, durant le sommet. Quant au prix de la douche, il s’agit d’un ensemble de prestations comprenant l’aménagement de huit bureaux avec sanitaire pour les délégations.

« Cette affaire est la parfaite illustration de la création d’un buzz, explique t-on à l’Elysée. Philippe Séguin a certainement aussi voulu rappeler au pouvoir qu’il fallait compter sur ses propositions concernant la mise en œuvre de la réforme des cours des comptes régionales ».

Un projet en voie de finalisation qui devrait prochainement être soumis au Parlement.

L'extrait du rapport de la commission des finances du Sénat

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