Extension Factory Builder
13/05/2009 à 12:56
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
L'absence du chef L'absence du chef

Omar Bongo Ondimba a donc décidé, pressé par son entourage, de prendre du recul pour se requinquer (voir pp. 12 à 15 du JA n°2522). Cette « suspension momentanée » de ses activités, dont le terme n’a pas été fixé, se déroule en dehors des frontières du Gabon. Une première en plus de quatre décennies de pouvoir, qui plonge son pays dans une profonde incertitude.

Certains chefs d’État du continent savent parfaitement gérer leur état de forme (ou de santé) et organiser leurs absences, longues ou répétées. Ainsi du Camerounais Paul Biya, qui aime à prendre de la distance et s’éloigner du Palais présidentiel d’Etoudi pour de longs séjours, en Europe ou ailleurs. L’organisation du pouvoir camerounais est ainsi faite que personne, ou presque, ne s’aperçoit de son absence. Le pays enclenche alors le mode « pilotage automatique » et la vie continue. Ce n’est pas le cas d’Omar Bongo Ondimba, à qui l’on peut reprocher beaucoup de choses mais certainement pas de s’économiser : le « patron », comme l’appellent ses collaborateurs, s’occupe de tout, sait tout et reçoit visiteurs officiels ou officieux du matin au soir, sept jours sur sept. L’hôte du Palais du bord de mer aux abonnés absents, difficile de ne pas imaginer un Gabon paralysé…

Au Maghreb, les Marocains sont habitués aux fréquents voyages et séjours à l’étranger du roi, qui n’empêchent personne de dormir et encore moins le pays de fonctionner. Le voisin algérien, lui aussi, a su faire la preuve que même sans Abdelaziz Bouteflika, qui ne quitte jamais le pays plus de quelques jours, la boutique tournait. Comme lors de son hospitalisation, fin novembre 2005 à Paris, et de la longue convalescence qui a suivi. En Tunisie, la question ne se pose pas : Zine el-Abidine Ben Ali ne franchit que très rarement ses frontières, et jamais pour longtemps. Personne n’ose d’ailleurs imaginer comment fonctionnerait le pays en cas d’absence prolongée du président, tant son emprise sur les affaires de l’État et son omniprésence médiatique semblent gravées dans les gènes de la nation et des Tunisiens.


Souvenons-nous aussi d’Houphouët et de Mobutu. En fin de règne et malades, ils ont tous deux multiplié les séjours à Genève, Lausanne, Paris ou Roquebrune-Cap-Martin. Sans parler de leurs exils intérieurs, à Yamoussoukro ou à Gbadolite, ce qui, au fond, ne changeait pas grand-chose : les chefs, loin de la capitale et diminués, n’étaient plus au cœur du « système ». Houphouët plongea son pays dans de longs mois d’inquiétude et de doutes. 
Mobutu, lui, accéléra la déliquescence de son pouvoir en même temps que celle du Zaïre tout entier.


Le Gabon n’en est pas là. Pas encore, en tout cas…

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Gabon

Wikipédia : le classement des chefs d'État africains les plus populaires

Wikipédia : le classement des chefs d'État africains les plus populaires

Créé en 2001, Wikipédia s'est imposé depuis comme l'encyclopédie numérique la plus consultée au monde. Participative, elle rassemble des informations collectées par les utili[...]

Gabon : les caisses de l'État sous surveillance rapprochée

Un audit a révèlé l'ampleur de la disparition des fonds publics au Gabon au cours des dix dernières années. Pour reprendre la main, le gouvernement doit agir vite.[...]

Expatriés : les villes africaines toujours plus chères !

Les classements 2014 des cabinets Mercer et ECA International montrent que les villes africaines sont toujours plus chères pour les expatriés. En cause : une dépendance forte vis-à-vis des importations[...]

La Cemac entre rebelles, islamistes et pirates

C'est devant une Cemac impuissante que l'État centrafricain s'est effondré. Certes, la Communauté a tenté de s'interposer entre les parties en conflit. Mais pour mieux constater ensuite son[...]

Cyclisme africain : pas de Tour de France, mais un sacré braquet !

On espérait des Sud-Africains et des Érythréens sur les routes du Tour de France. Mais, cette année encore, la compétition est orpheline du continent. Pourtant, l'Afrique est loin d'être[...]

Cemac : l'histoire d'un long accouchement

Surprise ! Le 16 mars 1994 à N'Djamena, au Tchad, l'Union douanière et économique des États de l'Afrique centrale (Udeac) est morte, sans signe avant-coureur. Elle est remplacée, le[...]

Cemac : vingt ans... et des regrets

Gabegie administrative, projets en suspens, scandales financiers et rivalités politiques affaiblissent une organisation régionale dont les membres ne parviennent pas à définir une politique[...]

Voyager dans la zone Cemac : bakchichs, barrages, parano sécuritaire... Le parcours du combattant

Frontières tantôt ouvertes tantôt fermées, Bakchichs, barrages, paranoïa sécuritaire... La traversée des pays membres de la Communauté économique et monétaire[...]

Réseaux sociaux : le classement des villes africaines les plus actives sur Twitter

"Jeune Afrique" a établi un classement d'où il ressort un grand retard dans l'utilisation de Twitter par les villes africaines. Si certaines municipalités se démarquent, la plupart[...]

Cemac : esprit es-tu là ?

Peut-on modeler une union sur le décalque d'un croquis colonial ? Oui, non, peut-être... La Cemac, on l'avait un peu oublié, est, dans ses frontières actuelles, Guinée équatoriale[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers