10/04/2009 à 15h:24 Par Marwane Ben Yahmed
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Alger, vendredi 10 avril 2009 à midi. Noureddine Yazid Zerhouni, le ministre de l’Intérieur, égrène les résultats de l’élection présidentielle. Le chef de l’Etat sortant Abdelaziz Bouteflika remporte sans surprise le scrutin, avec 90,24 % des voix, devançant l’égérie du Parti des Travailleurs Louisa Hanoune (4,22 %), Moussa Touati (Front national algérien, 2,31 %), l’islamiste d’El Islah Djahid Younsi (1,37%), Ali Fawzi Rebaïne (0,93%) et Mohamed Saïd (0,92 %).


Alors que tout le monde s’attendait à un faible taux de participation, ce dernier dépasse largement celui de la dernière présidentielle : 74,54 % contre 59,26 % en 2004. Le fruit d’un travail de chaque instant mené par les staffs de campagne, l’administration et les médias nationaux. Même les entreprises s’y sont mises, enjoignant leurs clients d’effectuer leur « devoir » civique depuis de longues semaines. Ainsi, certains opérateurs de téléphonie mobile ont inondé les portables de leurs abonnés de SMS leur rappelant l’importance de se rendre aux urnes le 9 avril.


Pari réussi donc pour le camp Bouteflika. Mais les cinq années à venir s’annoncent des plus délicates. Le chef de l’Etat ne peut occulter la signification profonde d’un tel plébiscite : les Algériens n’ont pas délivré un chèque en blanc à l’hôte d’el-Mouradia, la présidence. Car s’ils ont fait le choix de la stabilité, c’est surtout pour que les réformes menées jusqu’ici aillent enfin à leur terme. Et à un rythme plus soutenu. Le choix était simple : un changement radical de cap, à la russe, donc un saut dans le vide. Ou la poursuite de qui a été entamé en 1999, malgré les critiques sur la lenteur des changements entrepris. Les traumatismes hérités de la décennie noire, le retour progressif de la paix et de la sécurité ont poussé les Algériens à ne pas tenter une aventure aux lendemains incertains. D’autant que les candidats à la présidentielle 2009 n’étaient pas susceptibles d’attirer leurs suffrages.
L’Algérie entre maintenant dans une période charnière de son histoire. La génération de la Guerre d’Indépendance, au pouvoir, arrive en fin de parcours. Son plus grand défi : transmettre le témoin à une jeunesse qui représente 70 % de la population du pays. Et proposer un véritable projet de société aux Algériens. Un projet dans lequel la majorité d’entre eux se reconnaitraient.  
 

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