Extension Factory Builder
14/12/2008 à 13h:08
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

L’affaire est conclue depuis le 31 octobre : la Banque internationale du Burkina (BIB) change de propriétaire. Salariés et concurrents sont sur le pont.

United Bank for Africa (UBA), quatrième groupe bancaire du Nigeria et d’Afrique de l’Ouest par le total de bilan, à 10,3 milliards de dollars, est en passe de signer l’une des plus importantes opérations de l’histoire économique du Burkina en prenant officiellement 37,84 % de la Banque internationale du Burkina (BIB), première banque du pays (trente fois plus petite que lui par le total de bilan). Lancée en décembre 2007 à travers une OPA amicale, l’opération devait être confirmée le 31 octobre lors de l’assemblée générale des actionnaires. « UBA va rapidement passer à 51 % », estime un observateur.
Avec un PNB de 388,7 millions de dollars pour un résultat net de 185 millions de dollars en 2007, UBA affiche un chiffre d’affaires vingt fois supérieur à celui de la BIB. En termes d’actifs, elle est trente fois plus importante. Ses leviers financiers sont donc sans commune mesure avec les établissements du Burkina, ce qui explique que, paradoxalement, l’opération est bien vue par la concurrence. « Ce rachat va professionnaliser la place et nous stimuler », explique Michel F. Kahn, directeur de la filiale du groupe Bank of Africa (BOA). « Le temps où l’on faisait de la banque à papa est révolu dans ce pays », commente un autre banquier.
Les effets positifs de ce rachat sont nombreux. Il devrait permettre d’améliorer la monétique locale et de renforcer les marchés en permettant aux principales sociétés du pays d’accéder à la Bourse de Lagos. Il encouragera également la syndication de crédits, qui n’existe pas actuellement dans le pays, tout en redimensionnant le secteur de la microfinance sur lequel les banques locales sont encore peu présentes. UBA devrait enfin entrer rapidement en concurrence avec les pôles bancaires - notamment européens - pour le financement des campagnes agricoles et cotonnières. « La logique de ce rapprochement a été de nous appuyer sur des groupes plus solides pour nous ouvrir à l’international et bénéficier d’outils modernes de gestion », explique Gaspard Ouédraogo, l’actuel directeur de la BIB, qui doit passer la main à Alphonse Kadjo.
D’origine ivoirienne, celui-ci a débuté sa carrière dans le groupe Citibank et prendra officiellement les rênes de la BIB début 2009. À la manœuvre depuis plusieurs mois, il sait le dossier sensible. « Nous ne pouvons rien dire pour l’instant. Nous communiquerons le moment venu », se contente-t-il d’indiquer, se retranchant derrière les instructions du siège central de Lagos. De fait, le changement pourrait s’avérer complexe sur le front social. Symboliquement, les Burkinabè sont attachés à leur banque - créée en 1974, elle est l’une des plus anciennes du pays -, dont ils ne voudraient pas voir la culture remise en question. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’UBA a pris soin de ne pas nommer un Nigérian à sa tête. Très concerné, le personnel suit de près l’évolution du rachat. « Il est sourcilleux. Il ne faudra pas le brusquer, souligne un banquier. UBA devra respecter l’histoire de cet établissement. » Quoi qu’il en soit, Tony O. Elumelu, le patron du groupe nigérian, n’a jamais fait mystère de ses ambitions : faire d’UBA le premier groupe bancaire africain. Après le Liberia, la Sierra Leone, le Cameroun, le Ghana et la Côte d’Ivoire, cette stratégie passe désormais par Ouagadougou.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Burkina Faso

Mali : à Ouagadougou, Bamako et les rebelles touaregs parviennent à un accord provisoire

Mali : à Ouagadougou, Bamako et les rebelles touaregs parviennent à un accord provisoire

Bamako et les rebelles touaregs ont signé, mardi 18 juin à Ouagadougou un accord intérimaire permettant d’organiser l’élection présidentielle à Kidal, dans le nord du Mali.[...]

Bamako et les rebelles touaregs peinent à conclure un accord à Ouagadougou

Depuis le 8 juin, le gouvernement malien discute à Ouagadougou avec les rebelles touaregs qui contrôlent la ville de Kidal. Objectif : parvenir à un accord pour permettre la tenue de la[...]

Mali : pourquoi Bamako refuse de signer le projet d'accord avec le MNLA

Les questions de la justice, du cantonnement des rebelles, du retour de l’armée à Kidal et de l’organisation institutionnelle et administrative font partie des principales difficultés[...]

Mali : à Ouagadougou, Bamako et les rebelles touaregs se rapprochent doucement

À Ouagadougou, selon la médiation burkinabè, on s’achemine progressivement vers la conclusion d’un accord entre le pouvoir malien et les rebelles touaregs occupant Kidal, dans le nord-est du Mali.[...]

Mali : les négociations entre Bamako et les rebelles touaregs s'ouvrent à Ouagadougou

Les négociations entre les autorités maliennes et les groupes armés touareg occupant la ville de Kidal (nord-est), qui devaient s'ouvrir vendredi à Ouagadougou, ont été reportées[...]

Mali : baroud d'honneur pour Kidal ?

Le mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) ne résiste-il dans la zone de Kidal, au nord du Mali, que pour mieux négocier, à partir de vendredi 7 juin, à Ouagadougou, avec les[...]

Côte d'Ivoire : fin de partie pour Amadé Ouérémi

Le tristement célèbre chef de milice, Amadé Ouérémi, qui sévissait depuis des années dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, a été arrêté. Il en aura[...]

Mali : les soldats burkinabè de la Misma en alerte maximum à Tombouctou

Le double attentat qui a frappé le Niger, le 23 mai, n'est pas pour rassurer le bataillon burkinabè de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), basé à Tombouctou. Si les soldats sont en[...]

Mali : le médiateur Blaise Compaoré entame des concertations sur Kidal

Le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur régional dans la crise malienne, commence à partir de lundi 27 mai des négociations pour débloquer la situation à[...]

Algérie : Bouteflika et les autres patients africains du Val-de-Grâce

Avant Abdelaziz Bouteflika, de nombreux présidents africains sont allés se faire soigner au mystérieux hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris. De Mathieu Kérékou à[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers