13/12/2008 à 23h:33 Par Georges Dougueli
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

À Libreville, Le Komo, l’un des plus grands cinémas d’Afrique centrale, vient d’être restauré. Premières séances à la fin de novembre, après dix ans de fermeture.

« Il rouvrira fin novembre », promet Sylvain Yambangoye, le gérant du Komo. Fermée il y a plus de dix ans, la plus importante salle de cinéma de Libreville - et l’une des plus grandes d’Afrique centrale - trône de nouveau au centre-ville, sur l’avenue Félix-Éboué, restaurée de fond en comble sous la houlette de cet ancien hôtelier reconverti dans l’exploitation des entreprises culturelles. Tirant les leçons du passé, le cinéma se veut désormais « un lieu de rencontre, de débat et de communion ». En témoigne le salon de thé flambant neuf qui occupe désormais l’aile gauche du bâtiment. Et les premiers concerts qui y ont été organisés en août.

La salle sera-t-elle rentable ?

Le projet culturel de Sylvain Yambangoye s’articule sur une programmation éclectique. Il envisage de projeter principalement des longs-métrages africains, sans exclure les incontournables blockbusters américains. Quant à la programmation des productions françaises, Le Komo pourrait notamment bénéficier de l’aide du Centre culturel français Saint-Exupéry de Libreville.
À l’heure où la plupart des rares salles encore en activité sur le continent ferment les unes après les autres, la réouverture de ce cinéma librevillois de 700 places est une curiosité. Amorcée au cours des années 1990, la chute de la fréquentation des salles de cinéma a acculé la plupart des établissements à la faillite. Les exploitants n’ont pas pu faire face à l’essor de la télévision par satellite, qui a détourné les spectateurs des salles obscures. Et, en l’absence du soutien de l’État et d’une réaction efficace contre le piratage, l’invasion des DVD, illégalement dupliqués et en vente libre sur les marchés, achève de plomber gravement leurs affaires. Face aux difficultés d’exploitation et à l’augmentation des pertes, les propriétaires préfèrent louer aux Églises évangéliques ou à la grande distribution…
« Pour être rentables, 45 % de notre chiffre d’affaires devra provenir du cinéma, explique Sylvain Yambangoye. Nous comptons sur la location de la salle pour d’autres activités - comme les spectacles, le théâtre - et sur le salon de thé pour nous maintenir à flot. » Encore faut-il mettre en place une politique tarifaire attractive pour le Gabonais moyen. À Libreville, on aime bien « sortir au cinéma », mais pour pas trop cher.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Renault monte en puissance au Maroc

Article précédent :
Khadija Darid

Gabon

Gabon : les étudiants affrontent une nouvelle fois les forces de l'ordre à Libreville

Gabon : les étudiants affrontent une nouvelle fois les forces de l'ordre à Libreville

Quatre étudiants de l'Université Omar Bongo de Libreville (UOB) ont été arrêtés et un autre, blessé, après des heurts avec les forces de l’ordre jeudi 24 mai, a affirm&e[...]

Bois : Rougier fait machine arrière à la bourse

Confronté à la difficulté de dynamiser son cours en bourse, le groupe forestier français Rougier quitte Euronext pour un autre compartiment, dédié aux PME.[...]

Gabon : le rapporteur de l'ONU déplore "l'impunité" des "trafiquants de personnes"

Le rapporteur spécial de l'Onu sur le trafic d'êtres humains, Joy Ngozi Ezeilo, a jugé vendredi "alarmant" l'impunité des "trafiquants de personnes" au Gabon, au terme d'une[...]

Gouvernement Ayrault : diversité et parité au rendez-vous, Fabius numéro deux du gouvernement

Le nouveau Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a composé mercredi 16 mai le premier gouvernement du quinquennat de François Hollande. Laurent Fabius aux Affaires étrangères, Jean-Yves Le[...]

Armée française en Afrique : renégociation des accords de défense, rompre avec la "Françafrique"

Le 18 avril, Paris a finalisé la remise à plat des accords militaires passés avec ses anciennes colonies. Au final, des bases moins nombreuses et des effectifs réduits. L'essentiel, c'est de se[...]

Union Africaine : toujours pas de solution à la question de la présidence de la Commission

Réunis lundi 14 mai à Cotonou, les huit dirigeants du comité ad hoc de l’Union africaine ne sont pas parvenus à trouver une solution face à l’épineuse question du choix[...]

Gabon : Guy Nzouba Ndama, Bongo forever

Président de l'Assemblée gabonaise depuis 1997, Guy Nzouba Ndama est un pilier du système Bongo. Après avoir servi le père, il a soutenu le fils. Rencontre avec un homme qui a fait de la[...]

Gabon - BTP : Ali double la mise

Le président Bongo Ondimba souhaite investir 18 milliards d'euros en cinq ans via l'Agence nationale des grands travaux. C'est deux fois plus que ce qu'il avait annoncé en octobre.[...]

Marchés publics africains : le leadership chinois pointé du doigt

Barrages, routes, chemins de fer... Depuis dix ans, Pékin multiplie les contrats en Afrique, sur le modèle controversé "matières premières contre infrastructures". Mais d'autres[...]

Industrie pharmaceutique : William Kouadio-Tiacoh prend soin du continent

Directeur général de la zone Afrique centrale chez Sanofi, le pharmacien franco-ivoirien William Kouadio-Tiacoh décline la stratégie du géant français dans douze pays.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers