Président du groupe Kossouka, qu’il a créé à l’âge de 18 ans, ce jeune commerçant devenu l’un des tout premiers hommes d’affaires du pays se lance dans l’industrie et l’exportation.
Les habitants de Banfora, dans le sud-ouest du Burkina, se réhabituent au bruit des machines de la minoterie voisine. Après cinq années de silence, les Grands Moulins du Burkina ont fêté mi-novembre leur huitième mois d’activité. Ils n’ont pas encore atteint leur rythme de croisière. La production mensuelle est d’à peine 2 000 tonnes de farine, moitié moins que la capacité de l’usine, de 3 500 à 4 000 tonnes. En août, les machines ont été arrêtées dix jours à cause d’une rupture de stocks de blé, importé en quasi-totalité de France. « Nous restons tributaires de la Sitarail et du port d’Abidjan », explique un responsable de l’entreprise.
Dans un pays où nombre de projets industriels privés restent sans lendemain, la relance des ex-GMB, qui avaient été placés en liquidation judiciaire en janvier 2003, est donc en bonne voie. « Mon groupe change de dimension », se réjouit Salif K. Ouédraogo, 36 ans, à l’origine du projet. Il a réuni 7 milliards de F CFA (11 millions d’euros) pour investir dans de nouvelles machines, avec l’appui de deux groupes français, les Grands Moulins de Strasbourg et Maes SA. « Il fait partie des hommes d’affaires qui émergent dans la sous-région », confirme Mahamadou Sako, directeur Afrique du cabinet d’audit Deloitte.
Autodidacte, Salif Ouédraogo est né à Kossouka, petite ville située à 160 km au nord de la capitale. Une région d’où sont originaires plusieurs figures de l’économie burkinabè, comme Oumarou Kanazoé, le roi du BTP, ou encore Alizeta Ouédraogo, PDG du groupe Tan-Aliz. Un « sérail » dont il est bien difficile d’obtenir quelque commentaire sur la marche des affaires, les leurs ou celles du voisin. Salif Ouédraogo indique d’ailleurs avec réticence le chiffre d’affaires de son groupe : « 30 à 40 milliards de F CFA ». Sa réussite fulgurante alimente les suspicions : « Il est évident qu’il bénéficie de connexions politiques au plus haut niveau », laisse entendre un journaliste qui préfère ne pas être cité à propos d’un personnage dont le nom apparaît un peu trop souvent à la rubrique faits divers.
Salif Ouédraogo affirme pour sa part qu’il a démarré à l’âge de 14 ans à Bobo-Dioulasso, capitale économique, comme vendeur de piles, puis de riz et d’autres denrées. Aujourd’hui, Nesko, principale filiale du groupe Kossouka (60 % du CA), est le représentant exclusif de Nestlé dans le pays (Nescafé, Maggi et Guigoz). Nesko détient également l’exclusivité des produits British American Tobacco. Se diversifiant au fil des opportunités, Kossouka est devenu représentant de groupes internationaux dans l’équipement électrique, tels que Areva, Afelec ou Inéo. En 2002, il s’est lancé dans le transport de voyageurs. Un service haut de gamme vers les centres d’affaires des pays voisins. « Depuis le début de l’année, nous utilisons dix autobus de grand tourisme que j’ai achetés au constructeur numéro un chinois, Kingdom », explique le PDG dans un français hésitant.
Son ambition est aujourd’hui de sortir de ses frontières. Il multiplie les voyages en Europe pour rencontrer ses partenaires. Sur 500 employés, son groupe compte désormais quatre Occidentaux, qui comblent ses déficits techniques ou de gestion. Déjà présent au Niger, au Togo, au Mali et au Ghana, Salif Ouédraogo compte bien exporter la production de la Société nouvelle des Grands Moulins du Burkina dans toute l’Afrique de l’Ouest et faire de son usine l’une des plus importantes de la sous-région.

François Hollande en visite express à Addis-Abeba pour les 50 ans de l'(O)UA
50 ans de l'UA : panafricanisme, la longue marche vers l'unité
Chronologie : l'UA, une institution en mouvement







Découvrez le catalogue 2013 des Éditions du Jaguar
La campagne Pub de Jeune Afrique
Soldats du mouvement rebelle congolais du M23, le 1er décembre 2012 à Goma
L'ancien patron d'Elf, Loïk Le Floch-Prigent (2e g), le 17 septembre 2012 à Lomé
Capture d'une vidéo de la chaîne nigérienne Télé Sahel montrant les débris du véhicule ayant servi à un attentat suicide le 23 mai 2013 à Agadez
Capture d'écran non datée d'une vidéo fournie par l'agence mauritanienne Ani montrant Mokhtar Belmokhtar
Photo fournie le 20 janvier 2013 par SITE Intelligence Group de Mokhtar Belmokhtar
Un opposant après la dispersion d'une manifestation le 23 mai 2013 à Lomé
Le porte-parole du groupe salafiste jihadiste Ansar Asharia, Seifeddine Raïs, le 16 mai 2013 à Tunis
Cette photo publiée le 22 mai 2013 par la Mission conjointe des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour (Unamid) montre une réfugiée qui a quitté les régions de Labado et Muhajeria, à l'est du Darfour











