Extension Factory Builder
13/12/2008 à 22:28
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Candidat à la présidence de l’Union nationale des journalistes, le directeur de L’Intelligent d’Abidjan a été arrêté pour usage de faux papiers. Ce qui relance le débat sur la nationalité.

Se prévaloir de la nationalité ivoirienne : un délit qui conduit sinon à la guerre civile, tout au moins en prison. Certes, personne ne prendra les armes pour défendre « l’ivoirité » douteuse d’Assé Wakili Alafé, propriétaire du quotidien L’Intelligent d’Abidjan. Il n’empêche : pour avoir affirmé être ivoirien et présenté de faux papiers hérités de ses parents, le journaliste a été condamné, le 7 novembre, à dix-huit mois de prison ferme. Cette lourde sanction rappelle que, au moment où l’on élabore à grand-peine les listes électorales, tentant ainsi de déterminer qui est réellement ivoirien dans ce pays d’immigration, il ne fait pas bon tricher avec son acte de naissance.
Apparemment, l’affaire Assé Wakili Alafé n’est pas le fruit du hasard. Lui, en tout cas, est persuadé être « victime d’un complot » : « Mes ennuis ont commencé lorsque j’ai annoncé ma candidature à la présidence de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire [UNJCI] », explique-t-il. Déjà vice-président de cette organisation, Alafé manœuvrait, comme tous les autres candidats, pour en devenir le numéro un lors du congrès qui doit se tenir du 19 au 21 décembre.
Les autres prétendants à ce poste d’influence sont David Mobio de la Radio-télévision ivoirienne, Criwa Zéli de L’Inter et Inza Kigbafory du Patriote.
Alafé est très vite devenu la cible d’attaques menées essentiellement à travers la « presse bleue », celle du camp présidentiel, lui reprochant de ne pas être ivoirien. Aux termes d’âpres négociations, Criwa Zéli et Alafé étaient finalement parvenus à un accord, le 22 septembre, pour se partager les postes en cas de victoire, à savoir la présidence du conseil exécutif pour le premier et celle du conseil d’administration pour le second. Un tandem inédit qui avait de bonnes chances de l’emporter et qui avait la bénédiction du président sortant, Amos Beonaho, qui achève son deuxième mandat. De leur côté Mobio et Kigbafory ont dénoncé cette alliance et la volonté du duo de changer les règles du scrutin.

Un sport national

Alafé pensait avoir toujours l’avantage dans cette course au contrôle de l’UNJCI jusqu’à son arrestation le 31 octobre, dans les locaux du ministère de l’Intérieur, son transfert discret à la Direction de la sécurité du territoire (DST), puis son jugement, transformé en événement médiatique.
Il faut rappeler que l’émission de jugements supplétifs de complaisance est en Côte d’Ivoire un sport national. Le plus souvent, il s’agit de faire changer sa date de naissance pour permettre l’accès à un emploi, à une école, à une aide sociale ou à la retraite. L’administration a toujours été assez arrangeante, ou simplement assez vénale, pour délivrer ces papiers douteux. Il y a fort à parier que, comme les dates de naissance, les filiations ont été pendant longtemps facilement monnayables.
Alafé aura payé pour tous ceux qui, à un moment, ont cru que vivre, travailler et parfois même naître en Côte d’Ivoire leur ouvrait un droit à la nationalité. « Le tribunal est souverain, mais la sentence est trop sévère. Tout le monde est fébrile dans le contexte actuel », commente Beonaho. Alafé a servi d’exemple. Un comité de soutien s’organise. La rédaction de son journal prévoit de manifester, ses avocats ont lancé une pétition, et l’UNJCI demande une grâce présidentielle. La balle est dans la cour du Palais.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Mugabe forever ?

Article précédent :
La cavale sans fin de Joseph Kony

Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire : la commission électorale, cocktail explosif

Côte d'Ivoire : la commission électorale, cocktail explosif

L'accord sur la composition de la commission électorale ivoirienne, signé le 11 août entre les partis, est fondamental pour la tenue de la prochaine présidentielle en 2015. S'il s'effrite, les dém[...]

Côte d'Ivoire : l'ombre de gbagbo

Laurent Gbagbo sera bien jugé à la Cour pénale internationale (CPI). C'est officiel depuis le 12 juin, date à laquelle les juges ont confirmé les quatre charges de crimes contre[...]

Ebola : la Côte d'Ivoire annonce l'ouverture de couloirs humanitaires avec la Guinée et le Liberia

La Côte d’Ivoire, épargnée par l'épidémie d'Ebola, a annoncé lundi soir l’ouverture de couloirs humanitaires avec la Guinée et le Liberia. Ses frontières avec ces[...]

Côte d'Ivoire : le siège du FPI attaqué et vandalisé par des jeunes

Un groupe d'une vingtaine de jeunes a saccagé lundi à Abidjan le siège du Front populaire ivoirien (FPI), de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo. Plusieurs membres du parti ont été[...]

Côte d'Ivoire - Christian Bouquet : "Certains n'ont pas tiré de leçons du passé"

Selon Christian Bouquet, spécialiste français de la Côte d'Ivoire et auteur du "Désespoir de Kourouma", des symptômes inquiétants pour la démocratie subsistent.[...]

Côte d'Ivoire : présidentielle 2015, les lièvres et la tortue

Alors que la présidentielle de 2015 se dessine, les grands leaders politiques s'apprêtent à se lancer dans la course. Alassane Ouattara, déjà candidat, préfère, lui, rester[...]

Côte d'Ivoire : le FPI se déchire au sujet de la commission électorale

Le parti de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo se déchire sur sa participation à la nouvelle commission électorale, chargée d'organiser la cruciale présidentielle de 2015. Pour les[...]

Côte d'Ivoire : un VRP nommé Ouattara

Pour le président ivoirien Alassane Ouattara, qui savourait fin août ses derniers jours de vacances à Mougins, dans le sud de la France, la rentrée s'annonce chargée avec un voyage en[...]

Ebola : inquiète des conséquences économiques, la BAD va mobiliser 150 millions de dollars

Après avoir octroyé 60 millions de dollars à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), pour lutter contre l’épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, la Banque africaine de[...]

Côte d'Ivoire : la commune du Plateau se fait noter

La commune du Plateau est devenue la deuxième collectivité locale d’Afrique occidentale francophone, après la ville de Dakar, à se faire noter par Bloomfield Investments.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex