Patron du deuxième opérateur marocain de télécoms, il reste discret depuis six mois. L’ annonce du plan stratégique 2009 devrait rompre ce silence.
Service minimum. Le nouveau directeur général de Méditel, Mohamed Elmandjra, est resté très discret depuis sa nomination fin avril à la tête du deuxième opérateur de télécoms marocain. Il y a bien eu quelques rencontres avec les médias. De retour au Maroc, à 45 ans, ayant fait l’essentiel de sa carrière dans l’électronique médicale aux États-Unis après un PhD en génie biomédical de l’université de Cleveland, l’homme devait en effet se faire connaître. Il a aussi tenu une conférence de presse le 2 juillet pour annoncer un plan d’investissement de 4,2 milliards de DH (380 millions d’euros) sur deux ans, dont 75 % autofinancés. La destination des fonds n’a pas été précisée.
Mais la presse n’a pas été réunie à l’occasion de la parution des résultats trimestriels, le 13 novembre. Ils ne sont pas excellents, il est vrai : un chiffre d’affaires de 5,4 milliards DH sur neuf mois, en hausse de 7 % en un an. « Le marché progresse de 10 % à 12 % par an, nous fait remarquer Mohamed Elmandjra en visite à Jeune Afrique. Méditel doit retrouver une croissance à deux chiffres. » Il devrait expliquer comment il compte y parvenir avant la fin de l’année. Enfin, une conférence de presse pour annoncer officiellement son plan stratégique 2009-2011 ? « Il est temps, commente le journaliste Bachir Thiam, l’un des meilleurs connaisseurs du secteur. Aux yeux des Marocains, la bataille n’oppose plus Méditel à Maroc Télécom, mais Wana à Maroc Télécom. » Le premier, contre le petit nouveau, opérationnel depuis moins d’un an, et ses 260 000 clients. Effacé, le numéro deux historique, créé il y a dix ans et détenteur d’un tiers du marché avec 7,4 millions d’abonnés…
Son directeur général en est conscient. Mais il a voulu s’attaquer en priorité à l’interne. Et là, il a fait le maximum. D’abord pour rassurer le personnel, déstabilisé par le changement de patron. « Cela nous a perturbés d’octobre à avril », reconnaît un cadre qui préfère ne pas être cité. Mohamed Elmandjra veut aussi mobiliser, remotiver les troupes : « J’ai constaté que nous avions les moyens humains d’obtenir de bien meilleurs résultats. » Après dix-huit ans aux États-Unis, notamment au sein du groupe GE, l’un des plus exigeants au monde en termes de performances, il sait de quoi il parle.
Mi-juin, le directeur général réunit l’ensemble de son personnel à Marrakech. Deux jours de réflexion et d’échanges directs, y compris avec le nouveau patron. 900 personnes peuvent dialoguer avec cet homme facilement abordable, posé, sympathique et à l’écoute. Mais déterminé. Le ton n’est jamais cassant mais la volonté d’avancer est claire. Les ateliers de travail relisent le passé, des campagnes commerciales aux querelles intestines, en passant par les faiblesses techniques. C’est là que sont présentées les grandes lignes du plan stratégique 2009-2011.
Elmandjra lève un coin du voile : « Nous vendions du téléphone mobile aux particuliers comme aux entreprises. C’est cette activité que nous allons développer car elle offre la meilleure valeur ajoutée. » Le développement de ce segment sera orchestré par un nouveau collaborateur, ancien de Cisco Maroc. Difficile d’en savoir plus, Mohamed Elmandjra réserve les détails à ses actionnaires. En souriant, il donne l’objectif : « C’est vrai que nous sommes le deuxième opérateur, chronologiquement et par la clientèle. Mais dans ce domaine, nous deviendrons numéro un. »

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