27/02/2005 à 00h:00 Par Cheikh
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Bilan positif pour la Cedeao
En réaction à ce que vous avez écrit sur la Cedeao (voir J.A.I. n° 2302), je voudrais souligner combien le bilan de cette organisation est positif. Ses diverses mutations peuvent être lues comme une capacité à s'adapter à diverses situations. Certes, elle n'a pas toujours eu les moyens de ses ambitions, mais elle reste persuadée que les menaces sur la paix sont autant de facteurs négatifs pour le développement. Or celui-ci n'est-il pas le principal objectif de ses fondateurs ? « La paix est le nouveau nom du développement », disait déjà le pape Paul VI, en 1967, dans son encyclique « Le progrès des peuples ».

Mieux géré, le Nigeria...
Cessons donc de nous bercer d'illusions et de compter sur les Occidentaux pour assurer le développement durable de l'Afrique. Concentrons-nous sur les problèmes de gouvernance et d'organisation. Les exemples pullulent. Mieux géré, le Nigeria serait plus riche. Si le policier, le médecin ou le fonctionnaire s'occupait davantage du contribuable, si la route mal construite était immédiatement refaite, on gagnerait bien plus que les montants d'aide qui nous sont, chaque année, attribués. C'est là que les organisations non gouvernementales et la société civile ont un rôle essentiel à jouer.
Daouda Zongo,
Bobo-Dioulasso, Burkina

France-Tunisie : échange inégal
Suite à la visite en Tunisie du Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin et à votre article Tunisie-France (voir J.A.I. n° 2299), j'aimerais attirer votre attention sur les cadres tunisiens qui se trouvent aujourd'hui dans une délicate situation. Avec la loi Sarkozy, ils ne peuvent plus ni investir, ni acheter, ni travailler en France.
Il y a une grosse différence avec les Français, autorisés à entrer en Tunisie avec une simple carte d'identité, même périmée. Ceux-là peuvent agir à leur guise et seront accueillis à bras ouverts par toutes les administrations.
Quel écart entre Roger Lemerre, entraîneur de l'équipe de football de Tunisie, et notre ami R., médecin aux urgences d'un hôpital de la région parisienne. Le premier a un salaire énorme et tous les avantages d'un diplomate. Le second touche 950 euros, parce qu'il a un « diplôme étranger ». Il était venu se spécialiser en chirurgie viscérale. Il a souffert pour obtenir son inscription en faculté de médecine, pour avoir un visa, pour avoir un logement et n'arrive pas à joindre les deux bouts. Amer, il pense à tout arrêter et rentrer au pays.
La Tunisie ne parvient pas à insérer et protéger ses cadres et la France est une destination qui perd son attrait pour les Tunisiens.

L'avenir de la Turquie est en Asie centrale
La Turquie a beaucoup de mal à avancer sur le chemin de l'intégration européenne. Pourquoi ? À mon avis, la raison essentielle est politique. Si elle faisait partie de l'Union européenne (UE), elle en serait le pays le plus peuplé. Or la Turquie est musulmane et son admission au sein de l'UE réaliserait pacifiquement la transformation de l'Europe en un continent musulman. L'UE est un ensemble économique qui vise à la création d'un ensemble politique, culturellement intégré. C'est ce que n'ont pas compris les dirigeants turcs successifs. Kamal Atatürk, le père de la Turquie moderne, a latinisé l'alphabet. Les gouvernements suivants ont tenté d'occidentaliser à outrance la société, mais la réalité demeure : le pays est politiquement et culturellement différent.
L'attitude des hommes politiques européens est d'une duplicité sans égale. Au lieu d'exprimer leur rejet d'une façon claire et polie, ils mettent des conditions de plus en plus difficiles à l'entrée dans l'UE. On parle maintenant d'un processus de dix ans pendant lequel la Turquie serait censée se « transformer ». D'abord, on lui impose la partition de Chypre, ensuite c'est au tour du génocide arménien dont il lui faut convenir. Bientôt, on lui demandera de se convertir.... au christianisme !
Il est temps, pour les Turcs, de savoir si le jeu en vaut vraiment la chandelle. Pourquoi la Turquie ne se tournerait-elle pas vers les pays d'Asie centrale ? En union avec eux, elle pourrait être amenée à coopérer étroitement avec l'UE. C'est le chemin du réalisme et de la dignité.
Moncef Guen, États-Unis

L'éducation au secours de l'Afrique
Le continent africain souffre depuis des lustres de multiples maux. La traite négrière et les deux Guerres mondiales ont emporté nombre de ses fils. Aujourd'hui, ce sont les coups d'État, les conflits interethniques ou régionaux.
Le continent n'a que trop souffert. Permettons à nos enfants d'aller à l'école, de suivre des cursus complets, de passer leurs examens afin que, plus tard, ils soient intellectuellement - et non plus militairement - armés pour redresser l'économie et développer leur pays. Enseignons-leur l'éducation civique, afin qu'ils prennent conscience de la nécessité d'être des citoyens responsables et des chefs courageux et intègres.

Togo : politique-fiction
Imaginons la scène suivante : Faure Gnassingbé et ses frères se terrent au village. Pendant ce temps, le président de l'Assemblée nationale, successeur constitutionnel, tenaillé par la crainte, tarde à rentrer au pays. Le pouvoir est vacant. Les opposants, sur consigne de leurs chefs en exil, descendent dans les rues de Lomé et manifestent. Les règlements de comptes commencent.
À l'instar de ce qui s'est passé au Rwanda, les ethnies s'opposent : Nordistes contre Sudistes. Les machettes apparaissent. L'armée sort des casernes. La machine à tuer s'emballe. C'est le génocide.
Les instants qui suivent la mort d'un chef d'État sont souvent sources d'interminables conflits. Surtout si ce dernier est resté longtemps au pouvoir. On ne peut approuver la manipulation militaro-juridique d'un fils pour succéder à son père, mais dans ce cas précis, Faure Eyadéma a peut-être évité au peuple togolais de basculer dans la guerre civile. Seul l'avenir nous le dira.

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