25/02/2007 Ă  00h:00 Par Marianne
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Le jour décline sur le port artisanal de Nouakchott. C'est la fin de la journée, les marchands attendent le chaland derrière leurs étals, de gros blocs de béton posés au sol. Jules, 38 ans, vend du poisson depuis une dizaine d'années. Aujourd'hui, ce sont de grosses courbines. « Je ne les vide pas pour ne pas perdre de poids », explique-t-il, avant de s'interrompre, trop pressé pour discuter. À côté, Mamadou Seck raconte pourquoi il a abandonné la pêche : « Tu peux partir et revenir sans rien. » Aujourd'hui, les pirogues sont restées en rang d'oignons sur la plage, la mer était trop agitée. Demain, peut-être… Pour pallier ces aléas, l'État a alloué un crédit de 500 millions d'ouguiyas (1,4 million d'euros) à deux coopératives de pêcheurs (l'une à Nouadhibou, l'autre à Nouakchott), représentant un total de 2 500 pirogues.
Au total, près de 3 500 pirogues prennent le large quand les conditions le permettent. Dix mille personnes travailleraient dans le secteur de la pêche, soit environ un tiers de la main-d'œuvre totale du secteur. Mais les pêcheurs artisanaux totalisent seulement 10 % du total des captures annuelles (environ 800 000 tonnes). Ils contribuent en revanche à hauteur de 20 % au chiffre d'affaires de la pêche. L'essentiel des ressources que l'État tire de la mer provient de la rente versée par l'Union européenne (UE). Ce qui explique l'acharnement de Nouakchott quand, au premier semestre 2006, il a fallu renégocier l'accord qui arrivait à échéance le 31 juillet.
D'après le nouveau texte, applicable pendant six ans, l'UE et les sociétés de pêche européennes versent chaque année 116 millions d'euros à l'État, contre 96 millions auparavant. Dans le même temps, les quantités de pêches autorisées sur certaines espèces menacées (le poulpe, par exemple) ont été revues à la baisse. Le nombre de navires européens ne devra pas être supérieur à 187, contre 250 auparavant. Par ailleurs, l'UE s'engage à employer 1 100 marins mauritaniens, contre 700 auparavant. Dans un contexte de raréfaction des ressources halieutiques, le pays a eu les coudées franches pour défendre ses positions. En contrepartie, il sera chargé de surveiller et de protéger la zone réservée à l'Union européenne.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

AUTRES

France - Maroc : le roi Mohammed VI reçu à l'Élysée par François Hollande

France - Maroc : le roi Mohammed VI reçu à l'Élysée par François Hollande

En visite privée en France, le souverain marocain Mohammed VI a été reçu à l’Élysée, ce jeudi 24 mai, dans l’après-midi. Il est le premier chef[...]

Gabon : les étudiants affrontent une nouvelle fois les forces de l'ordre à Libreville

Quatre étudiants de l'Université Omar Bongo de Libreville (UOB) ont été arrêtés et un autre, blessé, après des heurts avec les forces de l’ordre jeudi 24 mai, a affirm&e[...]

Présidentielle égyptienne : le premier tour s'achève dans le calme

Jeudi 24 mai marquait la fin du premier tour de l’élection présidentielle égyptienne, deuxième jour d’un scrutin historique qui se joue entre des islamistes et des caciques de l’anci[...]

Nord-Mali - Aqmi : Abdelmalek Droukdel appelle Ă  imposer "graduellement" la charia

L’émir d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Abdelmalek Droukdel, a appelé mercredi 23 mai les membres de son organisation à imposer "graduellement" la Charia au Nord-Mali. Avec pour but[...]

RDC : droit de réponse de l'ambassadeur congolais à Paris

Suite à la publication de l’article sur les dettes contractées par l’ambassade de RDC à Paris envers l’un de ses avocats, l’ambassadeur Ileka Atoki a tenu à nous faire part des[...]

Football : les damnés des stades

Corruption, racisme, violence...Le syndicat international des joueurs professionnels de football dénonce les dérives dont de nombreux pays sont le théatre. Surtout en Europe de l'Est.[...]

Livre : la traque minière haletante de Christophe Boltanski

Le journaliste Christophe Boltanski explore un recoin bien sombre de la mondialisation dans un livre-enquête passionnant, qui le fait voyager du Nord-Kivu jusqu'en Malaisie.[...]

France : Benguigui et Canfin ministres, un accident de parcours

L'une, Yamina Benguigi, est une femme d'images. L'autre, Pascal Canfin, un journaliste de sensibilité altermondialiste. On ne les attendait pas forcément au gouvernement français. On avait tort.[...]

Pointe-Noire : Ponton sur les ondes de DVS

Depuis 2006, le groupe de radio et télévision de Martin Diafouka tente de tirer son épingle du jeu dans un contexte congolais très concurrentiel.[...]

Pointe-Noire : Diosso, un patrimoine en sursis

À 25 km de Pointe-Noire, l'ancienne capitale du royaume de Loango abrite l'unique musée du Congo. Un lieu hautement symbolique et menacé, faute de moyens.[...]

Pointe-Noire : attractions littorales... et économiques

Carrefour d'affaires, lieu de villégiature des familles d'expatriés ou havre balnéaire pour Brazzavillois en vacances, la cité portuaire ne manque pas de visiteurs. On y a construit plus d'hôtels [...]

Pointe-Noire : recherche logement abordable désespérément

Malgré un marché de la construction en plein essor, à Pointe-Noire, l'offre immobilière est cruellement déficitaire. Les prix s'envolent et deviennent prohibitifs.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers