Extension Factory Builder
19/11/2006 à 00:00
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Air Afrique est morte une seconde fois. Premier PDG de la compagnie panafricaine (1961-1973), le Sénégalais Cheikh Boubacar Fall est mort le 12 novembre, à Dakar. Il avait 83 ans. Tous ceux qui l'ont connu gardent de cet ingénieur diplômé de l'École supérieure d'électricité de Paris (Supelec), le souvenir d'une forte personnalité. Chez lui, la rigueur mathématique n'éclipsait jamais totalement le côté bon vivant, avec ses éclats de rire et ses reparties parfois cinglantes.
Cet ancien élève de math sup au lycée Louis-le-Grand (il avait pour correspondant un certain Léopold Sédar Senghor) pouvait se montrer imprévisible - et prompt à épouser une cause juste. À la tête de l'Association générale des étudiants africains en France, il entre très tôt en contact avec Félix Houphouët-Boigny, le leader du Rassemblement démocratique africain (RDA), pour lui témoigner la solidarité des intellectuels africains face à la répression coloniale en Côte d'Ivoire. De cet épisode naît une solide amitié entre les deux hommes.
À la fin de ses études, Cheikh Fall est invité par le futur chef de l'État ivoirien à s'installer à Abidjan. Le 25 juin 1961, il est nommé à la tête d'Air Afrique. Dans un premier temps, il se tient à l'écart des intrigues et des passions qui entourent la naissance du nouveau pavillon. Et puis, son langage sans fard et ses méthodes peu accommodantes finissent par incommoder nombre de chefs d'État. L'appui d'Houphouët lui est alors précieux.
Le 6 décembre 1972, il annonce son intention de quitter ses fonctions « au plus tard à la fin de l'exercice 1973 ». S'il caresse confusément l'idée d'une carrière politique, il décline l'offre que lui fait le Premier ministre Abdou Diouf, à la demande de Senghor, d'entrer dans le gouvernement sénégalais. Du coup, la rumeur fait de lui un possible candidat à la présidentielle de janvier 1973. Pour Senghor, c'en est trop. En novembre 1972, il fait part à Houphouët de son désir de voir Cheikh Fall, dont le mandat s'achève en mars 1974, relevé de ses fonctions. Les deux hommes abordent à nouveau le sujet en marge du sommet de la CEAO, en avril 1973, et se mettent d'accord sur l'échéance du mois de décembre suivant. Mais Senghor ne peut plus attendre, il veut que Cheikh Fall s'en aille en septembre. Un conseil d'administration est convoqué le 25 juin. S'estimant trompé, Houphouët menace de claquer la porte. Les choses finissent par rentrer dans l'ordre, quatre jours plus tard, à l'issue d'un voyage d'Abdou Diouf à Yamoussoukro. C'est finalement l'Ivoirien Aoussou Koffi qui prendra la tête de la compagnie.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
C'est pour bientôt

Article précédent :
Un ambassadeur nommé Mandela

AUTRES

Les autorités libyennes demandent l'aide internationale pour éteindre l'immense incendie à Tripoli

Les autorités libyennes demandent l'aide internationale pour éteindre l'immense incendie à Tripoli

L'incendie qui ravage un important site de stockage de carburant près de l'aéroport de Tripoli était toujours hors de contrôle, mardi. Le gouvernement libyen a fait appel à l'aide[...]

Togo : 2030 à l'horizon

Kako NUBUKPO est ministre togolais de la Prospective et de l'Évaluation des politiques publiques.[...]

Gabon : les caisses de l'État sous surveillance rapprochée

Un audit a révèlé l'ampleur de la disparition des fonds publics au Gabon au cours des dix dernières années. Pour reprendre la main, le gouvernement doit agir vite.[...]

Maroc : gnaoua, le blues à l'âme

Menacée de disparaître, la tradition musicale des descendants d'anciens esclaves subsahariens revit grâce au festival d'Essaouira. Mais les maalem doivent aujourd'hui relever un nouveau défi : inn[...]

Sénégal : dans l'affaire Karim Wade, Bibo Bourgi plaide malade

La détérioration de l'état de santé de l'homme d'affaires, soupçonné de complicité dans l'affaire Karim Wade, hypothèque la tenue du procès, le 31 juillet[...]

Gambie : Yahya Jammeh, vingt ans d'impunité

Arrivé au pouvoir par un putsch en 1994, le jeune lieutenant avait suscité bien des espoirs. Mais il a vite imposé sa loi par la violence et la terreur.[...]

Centrafrique : la suite de l'accord de Brazzaville

Après le cessez-le-feu entre groupes armés centrafricains conclu à Brazzaville le 23 juillet, reste à mettre en musique cet accord pour éviter qu'il ne reste lettre morte.[...]

Christopher Fomunyoh : "Les Africains aspirent à une gouvernance moderne"

Directeur Afrique du National Democratic Institute, basé à Washington, le juriste et politologue camerounais décrypte la vision de l'Afrique selon Obama.[...]

Vol AH5017 : comment les Burkinabè ont trouvé la zone du crash

Dès que l'alerte a été donnée au sujet de la disparition du vol AH 5017, les militaires burkinabè n'ont pas ménagé leurs efforts pour retrouver la trace du DC-9 affrété[...]

Côte d'Ivoire : le duo Renard-Beaumelle à la tête des Éléphants ?

De cinq noms, la short-list de la fédération ivoirienne est passée à trois, après que les Français Francis Gillot et Luiz Fernandez ont été écartés. Et selon [...]

Gaza : trois mouvements palestiniens, dont le Hamas, favorables à une trêve de 24 heures

Les trois principaux mouvements palestiniens se sont dits favorables mardi à une trêve humanitaire de 24 heures.[...]

Califat : Al-Baghdadi, un tigre de papier

Le très médiatisé État islamique est-il une nouvelle hydre, plus puissante et terrifiante qu'Al-Qaïda ne l'a jamais été ? Voire ![...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers