06/03/2005 à 00h:00 Par Elimane
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Nigeria ou Égypte
La réforme des Nations unies pourrait donner une excellente occasion à l'Afrique de s'impliquer davantage dans la marche du monde et de réussir son ascension socio-économique en s'engageant dans la promotion de la paix, des droits de l'homme et de la démocratie. Si l'idée de choisir un binôme représentatif du continent est retenue, quelle pourrait être sa composition ? L'Afrique du Sud a un poids économique et diplomatique qui la rend incontestable. Mais le second prétendant est plus difficile à trouver. Le Nigeria, plus gros producteur de pétrole africain, est un bon candidat. Mais pourquoi pas le Sénégal d'Abdoulaye Wade, ou le Bénin, laboratoire africain de la démocratie, ou encore l'Égypte, qui travaille avec acharnement à prendre la tête des pays du Maghreb ?
Plus qu'une nécessité géopolitique, mieux qu'un rééquilibrage stratégique, la décision de faire entrer l'Afrique au sein du Conseil de sécurité représente une clé, susceptible de faire sortir le continent de sa léthargie et de sa marginalisation.
Régis Hounkpé, Paris, France

Bas-Congo et non Bacongo
À la suite de votre article sur la République démocratique du Congo (RDC) intitulé « L'âge du capitaine » (voir J.A.I. n° 2302), je voudrais vous préciser que l'on écrit Bas-Congo et non Bacongo en un seul mot lorsqu'il s'agit de la zone géographique. Les habitants de ladite province sont les Bas-Congolais, ou les Bakongos en langue locale, qui s'appelle le kikongo.
Moïse Diyabanza, Matadi, RDC

Pénurie de Tunisiens
Dans votre article sur la démographie tunisienne (voir J.A.I. n° 2302), vous laissez entendre qu'un soutien à la natalité pourrait être bénéfique au pays. Or le succès de la Tunisie depuis son indépendance est dû, en grande partie, à sa politique de contrôle des naissances. Si, dans le futur, le besoin de main-d'oeuvre se faisait sentir, le pays pourrait la faire venir de l'étranger, il ne s'en porterait que mieux.
Sadok Kallel, Lille, France

Chirac à Dakar, Déby à Paris
Lors de la visite du président français Jacques Chirac à Dakar, toute la population est sortie pour l'accueillir. Sur son passage, écoles, commerces, banques se sont arrêtés de travailler pour permettre à tous de lui faire fête. Quand un chef d'État africain se déplace en France, pourquoi les autorités de ce pays ne mobilisent-elles pas leurs citoyens ? C'est le principe de la réciprocité, essentiel en diplomatie. Or j'ai lu dans vos colonnes (voir J.A.I. n° 2298) que le président tchadien, en visite en France, n'a pu voir ni son homologue français ni le Premier ministre. Ne pourrait-on trouver une solution intermédiaire, courtoise de part et d'autre ?
Malik Ahmat Djegoutba, N'Djamena, Tchad

Le Cameroun doit rester bilingue
De plus en plus, le fossé se creuse entre anglophones et francophones au Cameroun. Il devient impossible de se faire comprendre en français à Bamenda, Buea ou Kumbo, et c'est la même chose lorsqu'on parle anglais à Yaoundé, Garoua ou Bertoua. De nombreux citoyens affirment ne pas avoir les moyens d'apprendre l'autre langue. Pourtant, il existe des établissements scolaires réputés, comme le centre pilote de Yaoundé ou ceux de Bamenda et Ebolowa. Alors j'en appelle à nos gouvernants pour qu'ils créent de nouvelles écoles et développent celles qui existent. Le bilinguisme est une chance face à la mondialisation, ne la laissons pas passer.
BLM, Kumbo, Cameroun

Reconnaître Israël ?
Il faut que tous les États arabes aient le courage de reconnaître Israël. S'ils le font, les peuples sauront que leurs dirigeants ont décidé de s'exprimer franchement, car pour l'instant, en dépit des apparences, tous courtisent l'État hébreu en cachette.
Je pense que cette audace pourrait venir d'un leader comme Abdelaziz Bouteflika. Dans l'un de ses éditoriaux, B.B.Y. a fait remarquer que la Ligue arabe, créée il y a soixante ans, n'a pratiquement servi à rien (voir J.A.I. n° 2290). « Les conflits armés du monde arabe - à l'exception de la guerre d'Algérie - se sont conclus sur d'humiliantes défaites », écrit-il. Un nouveau miracle pourrait ainsi avoir lieu en Algérie.
Claude Loko Dangoma,
Brazzaville, Congo

La France hait-elle vraiment le Rwanda ?
L'interview du président rwandais (voir J.A.I. n° 2302) démontre que l'hôte du Village Urugwiro (le palais présidentiel) est toujours fâché contre la France. Il a raison, vu les erreurs commises, même si la classe politique française dans son ensemble les déplore. Mais le conflit entre Paris et Kigali mérite-t-il d'être qualifié de haine ? La France a été parmi les premiers pays à reconnaître le génocide rwandais, alors que d'autres ont demandé pardon alors qu'ils avaient refusé de parler de génocide, pour ne pas intervenir militairement comme les conventions internationales les y obligeaient en de telles circonstances. Bien qu'elle ait échoué, comme en Côte d'Ivoire, la France a essayé de mettre les deux parties en conflit autour d'une table de négociations. En Afrique, il est difficile de placer au sein d'un même gouvernement des gens qui ne veulent s'exprimer que par les armes ou les machettes.
Je pense que la France cherche une sortie honorable dans ce dossier épineux. Je suis convaincu que la confiance renaîtra entre les deux pays, pourquoi pas avec les ailes d'Air France, qui ne dessert plus Kigali depuis plus de dix ans. J'espère que le couple France-Rwanda surmontera son différend, pour le bonheur des peuples.
Léonard Nduwayo, Saint-Dizier, France

Bientôt un dossier Gabon
Dans le « Guide du téléphone mobile en Afrique » (voir J.A.I. n° 2301), vous parlez du Maroc, de l'Algérie, de la Tunisie, du Burkina, du Cameroun et du Sénégal, mais pas du Gabon. Par ailleurs, la majorité des pays africains ont déjà fait l'objet d'un « Dossier » ou d'un « Plus » dans J.A.I., à quand le tour du Gabon ?
Yannick Mouebi Mayombo, Tunis, Tunisie
Réponse : Nous envisageons un « Plus » Gabon au cours de cette année 2005. Quant au téléphone mobile, nous choisirons d'autres pays pour la prochaine édition de notre guide si la version parue rencontre le succès auprès de nos lecteurs. P.S.

Bravo la Cedeao !
La décision de démissionner prise par Faure Gnassingbé est, à mon avis, due à la fermeté dont la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a fait preuve. Cela démontre la volonté de cette organisation de rompre avec les anciennes pratiques. Je ne peux que regretter que l'arrivée au pouvoir du général François Bozizé en Centrafrique en mars 2003 n'ait pas provoqué une réaction similaire de la part de son homologue, la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac).
Achille Sendza, Libreville, Gabon

Konaré et le Togo
Je suis heureux de constater que le président de la Commission de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré, a su rester ferme sur son refus d'avaliser le changement de chef d'État au Togo. Son attitude a payé. Nul doute qu'il saura poursuivre cette ligne de conduite pour que cessent définitivement les coups d'État, les successions dynastiques et les modifications constitutionnelles à la mesure du prince du jour. Bravo président Konaré, la jeunesse et les cadres africains que nous sommes appuyons avec la dernière énergie vos initiatives.
Abdoulaye Sangho, Abidjan, Côte d'Ivoire

D'un prophète l'autre
Dans votre article sur la nouvelle revue Religions et histoire (voir J.A.I. n° 2302), vous parlez de Jésus comme « un des prophètes dont le nom est le plus fréquemment cité » dans le Coran, soit 93 fois. Or Moïse l'est 502 fois et Noé 131 fois, tandis qu'Abraham ne l'est que 69 fois et Mohammed 4 fois seulement. Je laisse au lecteur le soin de tirer les conclusions de ces chiffres.
Jean Fontaine, Tunis, Tunisie

Rectificatif
Le président mozambicain Samora Machel a bien disparu dans un accident d'avion demeuré mystérieux, le 19 octobre 1986, au-dessus du territoire sud-africain, et non assassiné en 1969, comme nous l'avons mentionné par erreur (voir « La semaine », J.A.I. n° 2302). Que nos vigilants lecteurs veuillent bien nous excuser.

Tant qu'il n'y aura pas de Congolais
Il n'y aura pas d'élections en République démocratique du Congo tant qu'il n'y aura pas de Congolais, c'est-à-dire des nationaux prêts à sacrifier vie et biens pour porter leur rêve jusqu'aux urnes, des exilés décidés à vaincre leur peur, à passer au-dessus de tous les obstacles qui mènent aux bureaux de vote. L'enjeu des élections n'est pas « la démocratie, oui ou non », mais « l'amour, oui ou non » des Congolais pour leur patrie. La République démocratique du Congo est un pays détrôné, violé, moqué, mais qui continue d'espérer que ses enfants lui apportent un jour le remède à son mal : un peu de démocratie.
Dominique Katumba Tudieshe, Villeneuve-sur-Lot, France

Pour un Liban uni
Je suis pour les révolutions, quand elles sont « des Roses », comme en Géorgie, « orange » comme en Ukraine ou, pourquoi pas, « du Cèdre ». En revanche, je crains le
retour des sombres histoires du passé libanais, lorsqu'on risquait sa vie à évoquer son identité nationale ou religieuse. Certes, le gouvernement a eu raison de démissionner, et
l'armée syrienne doit se retirer, mais la Syrie reste un allié voisin et fraternel. Nos deux pays partagent la même culture, les mêmes valeurs, bref nous sommes tous deux arabes.
L'opposition en marche dans mon pays doit être pour un Liban souverain, uni et indépendant, où toutes les communautés seront représentées.
Sahjanane Klis-Yazback, Liban

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