Le dernier bilan fait état de 87 morts, des musulmans du sud de la Thaïlande victimes des méthodes musclées des forces de l'ordre Les circonstances du drame - 78 personnes mortes asphyxiées dans des camions militaires qui les conduisaient vers un camp de détention - et les commentaires cyniques du Premier ministre Thaksin Shinawatra ont provoqué la colère des habitants de ces provinces à majorité musulmane. La riposte ne s'est pas fait attendre : vendredi 29 au matin, deux bombes ont explosé à Yala, blessant 11 policiers et 7 civils.
Rappel des faits. Tôt dans la matinée du 25 octobre, quelque 2 000 personnes manifestent devant le commissariat de Narathiwat pour demander la libération de six musulmans. Ces derniers, membres d'une milice locale, sont accusés d'avoir vendu des armes à des militants islamistes. Rapidement, la police et l'armée tentent de disperser la foule à coups de canons à eau et de grenades lacrymogènes. Six manifestants sont tués par balles, trois autres sont retrouvés noyés. Arrêtées, ligotées, couchés à même le sol torse nu, 78 personnes vont connaître une fin effroyable.
Entassées à bord de véhicules militaires pour être conduites dans des camps de détention, toutes mourront en route, littéralement étouffées.
Juste après avoir félicité ses troupes pour leur réactivité et leur efficacité, le Premier ministre a laissé entendre que les manifestants étaient drogués, avant d'ajouter qu'ils avaient succombé à cause de leur faiblesse physique due au jeûne du ramadan. Autrement dit, les musulmans n'ont qu'à s'en prendre à eux-mêmes et à leur religion...
Ces propos n'ont pas manqué de scandaliser la communauté internationale, qui avait jusque-là félicité la Thaïlande pour son engagement dans la lutte contre le terrorisme. Thaksin Shinawatra était même devenu le leader moral de l'Asean (Association des nations du Sud-Est asiatique) et avait décroché un accord commercial privilégié avec les États-Unis. Aujourd'hui, il doit répondre des 420 morts que les provinces musulmanes pleurent depuis janvier.

Tunisie : le pays sur le qui-vive avant un congrès salafiste
Présidentielle à Madagascar : "profonde inquiétude" de la Francophonie
Nigeria : couvre-feu 24h/24 dans plusieurs quartiers de Maiduguri, fief de Boko Haram







Découvrez le catalogue 2013 des Éditions du Jaguar
La campagne Pub de Jeune Afrique
Des soldats français, le 30 janvier 2013 à Tombouctou au Mali
Des rebelles du Séléka en Centrafrique
Des soldats libyens fouillent une voiture, le 16 mai 2013
Photo prise le 30 avril 2013 de soldats patrouillant dans les rues de Maiduguri, au Nigéria
Photo prise le 30 avril 2013 de soldats en patrouille à Baga, au Nigéria
Le président di Zimbabwe Robert Mugabe à Gweru, le 7 décembre 2012
Des policiers arrivent à l'université de Zambie, où des étudiants manifestent, le 17 mai 2013 à Lusaka
Des étudiants de l'université de Zambie manifestent contre la suppression des aides au maïs , le 17 mai 2013 à Lusaka











