Café : la sécheresse au Brésil a fait grimper les prix

Edward George, directeur de la recherche sur les matières premières agricoles d'Ecobank. DR ©

Edward George, directeur de la recherche sur les matières premières agricoles chez Ecobank, revient pour "Jeune Afrique" sur les dernières évolutions des cours du café.

Les cours mondiaux du café ont bondi en avril. L’indice de référence quotidien de l’Organisation internationale du café a terminé le mois en hausse de 11 %, à 176,4 cents (environ 1,27 euro) la livre. L’arabica a encore progressé (+ 13,5 %) jusqu’à 228,9 cents la livre, ce qui porte ses gains pour l’année à 77,8 %. Le robusta a, quant à lui, vu ses cours augmenter de 2,8 %, à 107,4 cents. Cette progression soutenue résulte de la chute de la production au Brésil, qui a vécu l’une de ses périodes les plus sèches depuis des décennies.

Spéculation effrénée

Baromètre infoSur le continent, la Côte d’Ivoire (le plus grand exportateur de robusta en Afrique de l’Ouest) est confrontée à une crise, avec une production passée de 4,8 millions de sacs de 60 kg en 2000-2001 à 982 000 sacs en 2010-2011. Pour 2013-2014, le Conseil du café-cacao, régulateur du marché, a fixé le prix à la production à 690 F CFA (1,05 euro) le kilogramme. Au début de la campagne de commercialisation, en janvier, le prix a grimpé à 730-740 F CFA, porté par une spéculation effrénée. En Éthiopie (premier producteur d’arabica du continent), les exportations ont diminué en raison de la faiblesse des prix internationaux. Elles ont totalisé 66 066 tonnes sur la première moitié de la saison, soit 28 % de baisse en un an. Les recettes ont chuté d’un tiers, à 222,6 millions de dollars.

Toutefois, la remontée des prix internationaux a stimulé les volumes de café non lavé négociés sur la Bourse éthiopienne des matières premières (ECX), avec des ventes totales qui ont explosé de 500 % au cours des trois derniers mois. Les exportations devraient rebondir en réponse à la hausse des cours internationaux. En effet, la baisse prévue des stocks mondiaux, couplée à l’inquiétude sur les effets de la sécheresse sur la récolte brésilienne de 2014-2015, devrait aider le café à conserver ses gains des derniers mois. »

 

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