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Hughes Ngouelondélé

Écrit par Cheikh Yérim Seck

Maire de Brazzaville

C’est un solide gaillard de 1,91 m qui a pris place dans notre salle de réunion pour assister à la grand-messe quotidienne de la rédaction. Hughes Ngouelondélé est maire de Brazzaville depuis le mois de février. Des vingt et un édiles qui se sont succédé à la tête de la municipalité, il est, tient-il à préciser, le troisième (après Fulbert Youlou et Bernard Kolélas) à avoir été élu. Et, à 42 ans, de loin le plus jeune.
Rien de surprenant pour quelqu’un qui a grandi au coeur du pouvoir congolais. Le nouveau maire est en effet le fils du général Emmanuel Ngouelondélé, un fidèle parmi les fidèles du président Denis Sassou Nguesso : il dirigea notamment les renseignements généraux de 1979 à 1992. À l’arrivée de Pascal Lissouba à la tête du pays, il devint son chef d’état-major particulier, avec rang de secrétaire d’État, avant de quitter ses fonctions un an plus tard. Hughes Ngouelondélé est en outre marié à Ninelle Nguesso, troisième fille du président congolais. Et Michèle, sa soeur cadette, a épousé Edgar Nguesso, l’un des neveux de Sassou. « Être le gendre d’un chef d’État n’est pas une tare. Cela n’empêche pas d’avoir reçu une bonne formation et d’être capable de faire du bon travail », souligne-t-il.

Le premier magistrat de la capitale est diplômé de droit de l’université Marien-Ngouabi de Brazzaville (1983), mais aussi des Écoles des douanes de Koléa (Algérie, 1986) et de La Rochelle (France, 1988). Après avoir travaillé pendant quelques années dans son pays, il suit les cours de l’École des douanes de Bruxelles, où il décroche un certificat en 1992. De retour au Congo, il a du mal à réintégrer son poste et devra attendre le retour aux affaires de Sassou, en 1997, pour être nommé inspecteur de brigade au Beach (débarcadère sur le fleuve Congo) de Brazzaville. Pas pour longtemps. Dès mars 1999, il représente le Congo auprès de l’Organisation mondiale des douanes (OMD), à Bruxelles. Il est rappelé à Brazza en avril 2001, et, dans l’attente d’une nouvelle affectation, décide d’entrer en politique. Avec, bien sûr, la bénédiction de son président de beau-père.
Candidat aux législatives de mai 2002, il est élu député de la deuxième circonscription de Moungali, une commune de la capitale. Aux élections locales du mois suivant, il se présente dans la même circonscription à la tête d’une liste indépendante opposée notamment à celle du Parti congolais du travail (PCT), la formation au pouvoir. Élu conseiller municipal, il brigue le poste de maire. Le chef de l’État le soutient, il est désigné.

Dès sa prise de fonctions, il entreprend de faire disparaître les séquelles des guerres de 1993, de 1997 et de 1998 : réfection des routes, réparation des feux de signalisation, réhabilitation de l’immobilier urbain, remise en état et extension de l’éclairage public… À plus long terme, Hughes Ngouelondélé fourmille de projets pour sa ville, qu’il a bien l’intention de « gérer autrement », de manière plus « moderne ».
Dans les locaux de J.A.I., il s’est longuement arrêté devant les citations encadrées qui ornent les murs des couloirs et des bureaux. Apparemment, il songe à s’en inspirer pour la mairie de Brazzaville, où il veut faire placarder ces trois pensées : « Expliquez-moi comment on va faire, et pas pourquoi on ne peut pas le faire » (Béchir Ben Yahmed) ; « Celui qui est mis sur un piédestal ne peut que tomber » (proverbe chinois) ; « Mon premier principe est de ne pas craindre de faire des erreurs, mon second est de les corriger dès qu’elles apparaissent » (Deng Xiaoping).
Après deux heures en notre compagnie, monsieur le Maire nous quitte : il a rendez-vous avec Bertrand Delanoë, son alter ego parisien. Au moment de prendre congé, il lance à Béchir Ben Yahmed : « Avec Jeune Afrique, vous avez réalisé une oeuvre durable. Comme vous, j’ambitionne de bâtir à la mairie de Brazzaville des choses qui résistent à l’usure du temps. »

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