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Ibrahim Assane Mayaki

Écrit par Alain Aka

Ancien Premier ministre nigérien

« En 2008, l’Afrique de l’Ouest et centrale sera considérée comme une zone de libre-échange par l’Union européenne. En clair, la boîte de tomates italiennes pourra entrer sur le marché sénégalais ou nigérien sans droits de douane. Si nous ne mettons pas nos agricultures à niveau, c’est la catastrophe assurée ! » Ainsi parle Ibrahim Assane Mayaki, qui fut Premier ministre du Niger de novembre 1997 à janvier 2000, et qui reste un militant engagé, toujours prêt à se mettre au service d’autrui. Seule une calvitie naissante témoigne que le temps a passé. Mais ses lunettes, toujours en place, comme sa moustache d’ailleurs, lui donnent le même air un peu austère. Il est aujourd’hui à la tête de la Plate-forme pour l’appui au développement rural en Afrique de l’Ouest et centrale, une structure fondée de concert par le Fonds international de développement de l’agriculture (Fida), l’Union européenne, le ministère français des Affaires étrangères et le Fonds des Nations unies pour l’évolution de la femme (Unifem). Hier dans la politique, aujourd’hui dans le social, l’homme ne semble pas s’accrocher au pouvoir. « En 1998, en pèlerinage à La Mecque, j’ai demandé une seule chose à Dieu : « Si Tu penses que je fais bien mon travail, aide-moi à l’améliorer. Sinon, congédie-moi. » »

Ibrahim Assane Mayaki n’a pas chômé depuis qu’il a quitté le gouvernement. En août 2000, il crée au Niger le CAP2, Cercle d’analyse des politiques publiques. « Une structure non partisane, précise-t-il, chargée de mener des réflexions sur les questions de santé et d’éducation et de faire des propositions. » Susciter et animer des réunions lui prend beaucoup de temps, mais il réussit à se rendre régulièrement en France pour donner des cours en relations internationales à l’université de Paris-XI. Activité qu’il met entre parenthèses en 2004, quand il est nommé directeur exécutif de la Plate-forme pour l’appui au développement rural, basée à Dakar. Car sa nouvelle fonction l’occupe à plein temps : avec l’aide d’une dizaine d’experts, il doit non seulement assurer une part d’assistance technique, mais aussi harmoniser les souhaits et demandes en provenance des gouvernements, des organisations régionales et internationales, des donateurs et des partenaires du développement, ou encore des organisations de producteurs et des centres de recherche.

Né en 1951, Ibrahim Mayaki est titulaire d’un master de l’École nationale d’administration publique (Enap) du Québec, doublé d’un doctorat en sciences administratives de l’université de Paris-I. Durant ses études en France, il épouse Marly, une Vénézuélienne, qui lui a donné deux enfants. « Je suis même grand-père depuis quatre ans », précise-t-il avec fierté. Il entre au gouvernement en janvier 1996, au lendemain du coup d’État militaire du général Ibrahim Maïnassara Baré, d’abord comme ministre délégué, chargé de la Coopération et de l’Intégration africaine, puis comme ministre des Affaires étrangères. Il y fait preuve d’une discrétion qui lui vaudra, selon des proches de la présidence nigérienne de l’époque, d’être nommé Premier ministre en novembre 1997 par le général Maïnassara Baré.
Mais c’est sous la férule de l’actuel Premier ministre du Niger, Hama Amadou, dont il fut conseiller spécial dans les années 1990, qu’Ibrahim Assane Mayaki avait fait ses premières armes en politique. Une commune passion pour les arts martiaux les rapproche alors : Hama Amadou est troisième dan de judo, et Ibrahim Assane Mayaki troisième dan en taekwondo. Leurs chemins divergent après le coup d’État de janvier 1996, Hama Amadou restant dans l’opposition, ce qui ne l’empêche pas de déclarer : « Hama est un ami. Notre amitié ne saurait être ébranlée par les vicissitudes de la vie politique. »

Aujourd’hui, Ibrahim Assane Mayaki entretient des « rapports normaux et cordiaux » avec les dirigeants de son pays. « J’ai été directeur de campagne du président Tandja », rappelle-t-il. À ceux qui lui demandent s’il compte un jour se porter candidat à la présidence du Niger, il répond sans ambages : « Nul ne peut préjuger des chemins hasardeux du destin, mais ce n’est pas ma motivation première. » Pour l’instant, sa vie à Dakar avec sa famille suffit amplement à son bonheur.

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