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Alberto Olympio, programmé pour gagner

Le fondateur d'Axxend a reçu le soutien du fonds Cauris Management. DR ©

Basé au Sénégal, cet ambitieux Togolais distribue les logiciels de Microsoft et de SAP dans une quinzaine de pays d'Afrique. Après l'informatique, il s'intéresse aux télécoms.

Alberto Olympio a toujours vu grand. Après avoir obtenu un diplôme d’ingénieur système au sein de l’École supérieure d’informatique de Montreuil, en région parisienne, il aurait pu se contenter de collectionner les contrats de prestige, comme celui qu’il a décroché pour travailler au sein de la défunte Aérospatiale – aujourd’hui EADS – sur les logiciels embarqués, dans les années 1990. Si ce n’est que ce Togolais voulait « rentrer pour aider l’Afrique ».

Quelques années plus tard, quand il émigre aux États-Unis avec juste une poignée de dollars en poche, ce n’est pas pour répondre aux petites annonces du Washington Post, mais « pour envoyer un CV à Bill Gates » himself ! Inutile, en effet, de jouer les modestes lorsqu’on peut s’appuyer sur un CV « haute définition » comme celui d’Alberto, petit-neveu de Sylvanus Olympio, premier président du Togo. Alors, lorsque cet entrepreneur-né revient pour de bon sur le continent, au début de l’année 2010, c’est forcément pour devenir, à terme, « le leader des technologies de l’information et de la communication en Afrique ». Et il pourrait bien être en passe de réussir son défi.

Son ambition : « Offrir au grand public une connexion gratuite à l’internet. »

Fortune

Car la lettre envoyée à l’homme le plus riche du monde a permis à Alberto de faire son chemin. Pas sûr que le fondateur de Microsoft l’ait vraiment eue un jour entre les mains, mais ses chasseurs de têtes certainement !

Son entretien d’embauche expédié, Alberto Olympio travaille une quinzaine d’années chez le numéro un mondial du logiciel, au coeur du système d’exploitation Windows, qui a fait la fortune de son illustre patron.

Et un peu la sienne. C’est en effet toujours pour le compte de Microsoft qu’Alberto Olympio, après une carrière aux États-Unis bien remplie, franchit à nouveau les océans et s’installe au Sénégal. D’abord pour distribuer les produits sous licence du géant américain, avant d’en devenir le partenaire régional et d’ouvrir, en 2009, sa propre société de service et d’ingénierie informatique (SSII), Axxend.

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« Un nom qui ne veut rien dire, mais que tout le monde comprend », résume avec le sourire le fondateur-président qui, depuis 2011, est aussi le partenaire de l’éditeur allemand SAP.

En quelques années, la société a réussi à s’implanter dans une quinzaine de pays en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Un vrai modèle d’intégration, « à l’image d’Ecobank », exemple suivi par Axxend, qui emploie aujourd’hui environ 200 personnes et réalise un chiffre d’affaires annuel supérieur à 20 millions d’euros.

Frontières

Marié à une Malienne, père de deux enfants, ce « Ouest-Africain de coeur », comme il se définit lui-même, n’en finit pas de vouloir repousser les frontières géographiques et technologiques. « Axxend n’est qu’à 30 % de son potentiel dans la région », assure ce quadra, aussi confiant qu’élégant dans son impeccable costume bleu marine. Après l’informatique, il regarde de très près les télécoms, avec l’objectif « d’offrir au grand public une connexion gratuite à l’internet ». À peine rentré de San Francisco, il file au Tchad, via Dakar, rencontrer le gouvernement pour négocier un accès à la fibre optique. « Il faut savoir sortir de sa zone de confort », insiste celui qui, ces dernières années, vit entre deux avions.

Pour continuer à prendre de l’altitude, Alberto Olympio peut compter, depuis juin 2013, sur le soutien de Cauris Management. Impressionné par « la qualité managériale de l’équipe dirigeante », selon Jean-Marc Savi de Tové, l’un de ses associés, le fonds d’investissement ouest-africain est entré à hauteur de 5 millions d’euros dans le capital d’Axxend, « plus 4 millions d’euros en obligations », précise Alberto Olympio, qui va ainsi avoir les moyens de ses ambitions. Et aller encore plus loin, « sur les places boursières d’Abidjan et d’ailleurs en Afrique, d’ici à deux ou trois ans », avance, sûr de lui, le chef d’entreprise.

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