Juppé en campagne africaine

Écrit par Tidiane Dioh

Quatre étapes au menu de la tournée qu'effectuera le chef du parti de la majorité au début de mai : Gabon, Sénégal, Mali et Cameroun.

Pour son premier déplacement officiel en qualité de président de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) – il a été élu 17 novembre 2002 -, l’ancien Premier ministre Alain Juppé se rendra successivement au Gabon, au Sénégal, au Mali et au Cameroun, entre le 6 et le 11 mai.
Chez Omar Bongo, « le doyen des chefs d’État », point de passage obligé de la « Françafrique », Juppé visitera, entre autres, Horizons nouveaux, la fondation de la première dame Édith Bongo, qui s’occupe d’aide aux handicapés.
Au Sénégal, où il sera les 7 et 8 mai, le patron de l’UMP participera aux cérémonies commémorant la capitulation de l’Allemagne, aux côtés du président Wade et des anciens combattants sénégalais dont, sans doute, la question des pensions sera abordée. Juppé visitera la Maison des esclaves sur l’île de Gorée et donnera une conférence à l’université de Dakar sur le thème : « France-Afrique : vers un nouveau partenariat. » Dans la capitale sénégalaise, l’ancien numéro un du gouvernement français rencontrera un dignitaire religieux musulman, le grand Serigne de Dakar, chef des Lébous, les premiers habitants de la ville de Dakar.
Au Mali, où il est attendu le 9 mai, c’est surtout le maire de Bordeaux qui sera accueilli : il sera question de codéveloppement et de coopération décentralisée. Juppé signera une convention de partenariat avec son homologue de Bamako.
Au Cameroun, dernière étape de la visite, les 10 et 11 mai, il sera beaucoup question de santé. Des visites sont prévues à la Fondation pour la lutte contre le sida de Chantal Biya (l’épouse du président), ainsi qu’au CHU du professeur Luc Montagnier, qui s’occupe aussi de lutte contre le sida. En ces temps de guerre où les États-Unis n’ont cessé de courtiser le Cameroun, le passage d’un haut responsable politique français est pleine de sens…
Ainsi, si l’Afrique n’avait pas toujours été une priorité du Premier ministre Alain Juppé, elle l’est devenue pour le président de l’UMP. À preuve : pour ce voyage, il se déplace avec une délégation d’environ quinze personnes, dont les sénateurs Jacques Legendre, secrétaire général de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), et Jean-Pierre Cantegrit, sénateur des Français de l’étranger, les députés Jacques Godfrain – ancien ministre de la Coopération -, Richard Cazenave, Martine Aurillac, Philippe Brilland, qui est aussi secrétaire général-adjoint de l’UMP, ainsi que quelques-uns de ses proches collaborateurs.
À chaque étape, Juppé rencontrera le chef de l’État, la communauté française et des opérateurs économiques. Au total, un périple mené au pas de course, qui ressemble fort à la tournée africaine obligée d’un futur présidentiable français. Au risque de faire jaser dans les rangs de l’UMP : « Ce qui ferait jaser, ce serait qu’Alain Juppé ne se rende pas en Afrique », plaide Pascal Drouhaud, directeur des relations internationales de l’UMP. Ce voyage pourrait aussi faire des jaloux du côté du Tchad, du Togo (pratiquement en précampagne présidentielle) ou du Niger, dont les Premiers ministres s’étaient déplacés à Paris lors du Congrès constitutif de l’UMP. « On ne peut pas faire tous les pays en même temps. Depuis son élection, Alain Juppé fait le tour des fédérations de l’UMP en France, pratiquement chaque week-end. Il a quand même trouvé un moment pour aller en Afrique. Il y aura vraisemblablement d’autres voyages dans l’avenir et même au-delà de l’Afrique, dans l’océan Indien », fait-on savoir du côté de l’UMP.

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