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La Micopax, pour quoi faire ?

Écrit par Georges Dougueli

Alors que l’ancien chef rebelle Jean-Pierre Bemba attend d’être présenté à ses juges de la Cour internationale de justice (CIJ) pour des faits remontant à l’intervention de ses hommes en Centrafrique, un autre militaire congolais a été installé le 12 juillet à la tête de la Mission de consolidation de la paix (Micopax) à Bangui.
Nommé en remplacement du général gabonais Roger Bibaye Itanda, le vice-amiral Hilaire Mokoko tient l’occasion de faire oublier aux populations locales le souvenir douloureux laissé par les rebelles du Mouvement de libération du Congo (MLC). Restaurer l’image de la RD Congo pourrait être le seul sujet de satisfaction de l’officier supérieur à l’issue de son mandat. Tant il lui sera difficile, à l’instar de ses prédécesseurs, de justifier l’existence de la Micopax, anciennement appelée Force multinationale en Centrafrique (Fomuc).
Créée en 2002 par les chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) dans le but de protéger leur homologue Ange-Félix Patassé, menacé par les rebelles, cette « usine à gaz » qui emploie 500 personnes n’a pas empêché François Bozizé de prendre le pouvoir le 15 mars 2003. Du maintien de la paix, elle s’est alors reconvertie dans la lutte contre le grand banditisme et les coupeurs de routes avec un succès relatif. Alors que certains acteurs de la crise centrafricaine ont signé un accord global de paix le 21 juin à Libreville, le pays s’apprête à engager un dialogue « inclusif » censé exorciser les démons de la guerre civile. Certes, la paix demeure fragile. Mais l’utilité de cette mission, subventionnée par l’Union européenne – et tombée dans le giron de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (Ceeac) -, n’en reste pas moins à démontrer.

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