Marrakech 3e, clap !

Écrit par Renaud de Rochebrune

Le IIIe Festival international du film de Marrakech se déroulera cette année du 3 au 8 octobre, sous la présidence de la comédienne française Nathalie Baye. Son principal animateur, Daniel Toscan du Plantier, disparu il y a six mois, n’a pas été à proprement parler remplacé, même si le nom de Pierre Lescure, ancien patron de Canal Plus, avait été un temps avancé. Résultat : l’organisation de la manifestation et sa vocation, celle de tenter de devenir le plus grand festival de cinéma international d’Afrique, n’ont guère changé.

Sans doute en raison de la proximité de l’événement avec d’autres manifestations plus prestigieuses, comme Venise ou Toronto, la sélection des films en compétition n’apparaît pas a priori comme exceptionnelle. Ne serait-ce que parce qu’elle annonce peu d’inédits et comprend beaucoup de films déjà projetés ailleurs – comme M. Ibrahim de François Dupeyron et Raja de Jacques Doillon, actuellement en salle à Paris, Zaitochi de Takeshi Kitano, présenté à Venise, ou les deux films marocains de Narjiss Nejjar (Les Yeux secs) et Faouzi Bensaidi (Mille Mois), montrés à Cannes. On sait que les surprises ne sont jamais à exclure, mais l’exemple des deux premiers palmarès – qui se souvient des films primés ? – incite à la prudence en attendant de voir quelles oeuvres le jury présidé par le cinéaste allemand Volker Schlöndorff voudra couronner. Dès l’an prochain, le report de la manifestation plus tard dans la saison, après le ramadan, début novembre, permettra certainement d’améliorer la programmation.

On peut s’attendre en revanche à ce que le Festival, ouvert au public, rencontre un véritable succès populaire grâce au copieux « programme indien » qu’il propose hors compétition. En présence de l’immense vedette du cinéma indien Amitabh Bachchan et avec, sur les écrans, aussi bien des classiques (à commencer par le célèbre Salon de musique de Satyajit Ray) que des films récents et inédits qui s’annoncent parfois comme des curiosités. Il semble par ailleurs que les protestations des cinéastes du Sud, qui estimaient l’an dernier avoir été confinés dans une sorte de ghetto avec une section réservée, aient été entendues puisque le Festival propose aujourd’hui une nouvelle sélection officielle consacrée aux jeunes talents et aux oeuvres novatrices de tous horizons (sélection Mawahib). Quant aux débats, ils seront certainement passionnés puisqu’ils porteront sur le présent et l’avenir du cinéma marocain dont la réussite actuelle ne masque pas les difficultés.

Une fois de plus, on peut s’attendre à ce que l’aspect people de la manifestation passe au premier plan grâce à la présence de nombreuses stars. Outre celles déjà citées, on pourra croiser à Marrakech de grands réalisateurs qui ont déjà tourné dans le royaume, comme Ridley Scott ou Oliver Stone, ainsi que des acteurs qui recevront des hommages particuliers, comme Alain Delon ou la grande comédienne égyptienne Yousra, souvent à l’affiche dans les films de Youssef Chahine.