Marilyne Douala Bell et Didier Schaub. Fondateurs de Doual’Art.

Écrit par C.D'A.

Marilyne Douala Bell n’a rien de commun avec ces princesses qui défraient régulièrement les chroniques mondaines. Elle n’a pas d’argent non plus, bien qu’elle soit fille de roi. Son mari est alsacien, il a étudié l’histoire de l’art et la gestion. Marilyne a d’ailleurs rencontré Didier Schaub à l’université, à Paris. Une fois leurs études achevées, tous deux sont venus vivre au Cameroun. Lui gagne d’abord bien sa vie comme publicitaire aux Brasseries du Cameroun, tandis que Marilyne se consacre à une ONG active dans le développement rural.

En 1991, ils décident de revenir à leur amour de jeunesse, l’art. Un oncle de Marilyne est propriétaire de « La Pagode », ancienne demeure des rois doualas Bell située en plein centre-ville. Il leur cède une partie du palais. L’objectif du couple : faire vivre un art contemporain en pleine éclosion dans le pays. C’est ainsi que Doual’Art va voir le jour, à mi-chemin entre la galerie privée et l’association philanthropique, avec l’aide du Centre culturel français. « Les artistes n’étaient pas nombreux au début, se souvient Didier. Ils n’avaient aucune reconnaissance officielle, aucune référence. Ils ne se rencontraient pas… » Quand les époux lancent leur projet, les rares acheteurs sont tous membres du petit monde fortuné des expatriés. Aujourd’hui, « c’est toujours la galère », se plaignent Marilyne et Didier, mais les deux tiers des acquéreurs sont camerounais. Ce qui autorise même Douala à disputer à Yaoundé le titre de capitale artistique du pays. Doual’Art a d’ailleurs élargi ses activités aux autres quartiers de l’agglomération, organise des expositions en pleine rue. Dans ses cartons, elle a le projet d’un événement régulier, du type « salon urbain », dont la première édition pourrait voir le jour dès l’an prochain. Doual’Art a déjà fait des émules, puisque plus d’une dizaine d’autres lieux d’exposition et de vente se sont ouverts sur les rives du Wouri.

L’Union européenne s’est intéressée aux activités de la princesse « protectrice des arts ». Bruxelles finance actuellement un projet d’aide à la professionnalisation des artistes d’Afrique centrale baptisé Proculture. Le couple a été contacté pour en animer la section « artistes », une manière de reconnaître l’expertise de l’association Doual’Art à l’échelle de la sous-région. Cette consécration devrait permettre aux époux de bénéficier d’une aide financière appréciable. Car, contrairement aux galeries classiques, Doual’Art ne fait que 50 % d’expos-ventes, et se consacre pour l’autre moitié à la découverte de nouveautés, qu’il s’agisse de talents prometteurs ou des méthodes et supports de travail utilisés. Des dépenses pour lesquelles il faut inlassablement se mettre en quête de mécènes. Si Didier affiche parfois une certaine lassitude. Marilyne, elle, ne se départ jamais de son sourire…

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