Guinée : première condamnation dans l’affaire de corruption autour du gisement de fer du Simandou

Par Jeune Afrique

Frédéric Cilins, en 2006, durant une présentation de BSGR à Conakry. © Global Witness/Youtube

La cour fédérale de New York a condamné le Français Frédéric Cilins, ancien collaborateur de la société BSGR, à deux ans de prison ferme pour obstruction à la justice dans le cadre d'une enquête sur la corruption autour de l'exploitation des gisements de fer du Simandou, en Guinée.

Frédéric Cilins, ancien collaborateur de la société BSGR – filiale minière du groupe du milliardaire franco-israélien Beny Steinmetz – a été condamné le 25 juillet à une peine de deux ans de prison ferme par la cour fédérale de New York, aux États-Unis.

Corruption

L’homme d’affaires français a plaidé coupable, en mars dernier, aux chefs d’accusations d’entrave à la justice et de tentative de corruption dans le cadre d’une enquête menée par le FBI sur les soupçons de corruption entourant l’attribution à BSGR de son permis minier sur les gisements de fer du mont Simandou en Guinée.

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Il était reproché à Frédéric Cilins d’avoir proposé 20 000 euros à Mamadie Touré, veuve de l’ancien dictateur guinéen Lansana Conté, afin que celle-ci détruise des documents compromettants et rentre en Guinée afin de se soustraire aux inspecteurs du FBI.

La société israélienne avait obtenu pour 161 millions de dollars ce permis sur les blocs 1 et 2 du gisement de Simandou dans les derniers jours du régime de Lansana Conté, en décembre 2008. Ce permis avait préalablement été retiré au groupe anglo-australien Rio Tinto à qui il était reproché de ne pas faire assez pour développer ce projet. En 2010, 51 % des parts du projet avaient été revendus au minier brésilien Vale pour 2,5 milliards de dollars.

Enquête aussi en cours en Guinée

Parallèlement à l’enquête américaine qui se poursuit, la Guinée a pris les devants et retiré le permis accordé à BSGR et Vale, conformément aux recommandations d’un comité d’audit mis en place par le gouvernement. BSGR, qui conteste ces accusations, a entamé une procédure d’arbitrage devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements.

Ces contretemps ne devraient toutefois pas influer sur le développement de l’autre versant (les blocs 3 et 4) du gisement du mont Simandou. Le mois dernier, l’Assemblée nationale guinéenne a ratifié un accord-cadre conclu entre l’État et le groupe australien Rio Tinto, son partenaire chinois Chinalco et IFC, filiale de la Banque mondiale, qui prévoit des investissements de l’ordre de 20 milliards de dollars pour le développement de ces blocs.