Nigeria : Goodluck Jonathan fait le ménage chez NNPC

Par Jeune Afrique

Le président du Nigeria Goodluck Jonathan préparerait-il déjà sa réélection ? © Reuters

Le président nigérian Goodluck Jonathan a remplacé quatre dirigeants de la société pétrolière nationale NNPC. Cette institution, l'une des plus puissantes du pays, est régulièrement accusée de gaspiller les richesses du Nigeria.

Source de 80% des revenus du gouvernement, la Nigeria National Petroleum Corporation (NNPC) vient de voir son équipe dirigeante lourdement remaniée sur intervention de la présidence. Goodluck Jonathan vient de limoger quatre des plus haut dirigeants de la compagnie pétrolière nationale. Joseph Thlama Dawha, un chrétien du nord à majorité musulmane, remplace Andrew Yakubu comme directeur général de la société. Il occupait précédemment un autre poste de direction au sein de l’entreprise.

Anthony Muoneke, avocat de carrière, a quant à lui pris la direction de la NPDC, branche de l’entreprise nationale consacrée au développement. Aisha Mata Abdurrahman est le nouveau directeur exécutif pour la commercialisation et l’investissement. Enfin, Attahir Yusuf a été nommé directeur exécutif du business development.

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Corruption et gaspillage

Si Reuben Abati, un porte-parole du bureau de Goodluck Jonathan cité par Reuters, a déclaré que « ce changement faisait partie de la routine », le gouvernement est sous pression pour mettre de l’ordre dans le secteur.

La corruption et le gaspillage des immenses richesses énergétiques du pays font l’objet d’un débat intense, récemment relancé par les accusations de l’ancien gouverneur de la banque centrale du Nigeria, Lamido Sanusi. En février, ce dernier avait présenté au parlement nigérian des documents accusant la compagnie d’avoir omis de reverser quelque 20 milliards de dollars dans les comptes publics. Il a depuis été limogé.

Dans le même temps, les nominations aux postes clés dans un cycle électoral nigérian – les élections présidentielles se tiennent dans six mois – sont souvent décidées pour s’assurer les bonnes grâces des différents réseaux de patronage. Des sources dans l’industrie pétrolière, également citées par Reuters, révèlent que le chef de la NNPC ne prend pas les grandes décisions. La véritable autorité repose entre les mains du ministre du Pétrole Diezani Alison-Madueke.

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