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À Casablanca Finance City, le fonds Africa 50 est désormais opérationnel

Tas Anvaripour est la nouvelle directrice du fonds Africa50. © BAD

Basé à Casablanca Finance City et conçu par la Banque africaine de développement (BAD), le fonds Africa 50 a été officiellement lancé ce mercredi 3 septembre. Il vise à financer les projets d'infrastructures en Afrique et veut s'ouvrir le plus largement aux investisseurs privés.

C’est parti pour Africa 50. Le véhicule financier créé par la Banque africaine de développement (BAD) est désormais opérationnel. Abritée au sein de Casablanca finance City, cette nouvelle plateforme d’investissement doit servir à financer des projets d’infrastructures nationaux et régionaux en Afrique, afin d’accélérer le développent du continent.

Financer 100 milliards de dollars d’investissements

Le principe de la création d’Africa 50 avait été entériné en mai 2013 à Marrakech lors de l’assemblée annuelle de la BAD par les ministres des finances africains. Africa 50 doit être doté d’un capital initial de 3 milliards de dollars, somme qui doit être portée plus tard à 10 milliards de dollars.

« Avec cette capitalisation, Africa 50 sera alors en mesure de financer, sur l’ensemble du continent, des projets d’infrastructures pour une valeur de plus de 100 milliards de dollars« , a indiqué Tas Anvaripour, la nouvelle directrice d’Africa 50 à l’occasion d’une conférence de presse qui s’est tenue ce mercredi 3 septembre à Casablanca.

Mobiliser 

Avec ce nouvel outil financier, l’objectif est bien sûr de mobiliser les financements des États et des institutions publiques mais surtout d’ouvrir le véhicule financier au secteur privé : « Les Africains sont riches. Faute d’instruments disponibles, nous ne parvenons pas à mobiliser leurs ressources. Avec Africa 50, cela va devenir possible », a expliqué Kalidou Gadio, conseiller général de la BAD.

Dans cette optique, « Africa 50 pourrait même entrer en cotation à la bourse. La logique voudrait que cela soit à la bourse de Casablanca », a déclaré Charles Boamah, vice-président Finances de la BAD. Afin de donner des gages de confiance au marché, la BAD va investir 500 millions de dollars dans Africa 50 et fait également volontiers valoir son expertise en matière de financement de projets d’infrastructures.

« Au cours des six dernières années, la BAD a financé 49 projets d’infrastructures pour un montant de plus de 30 milliards de dollars. À chaque fois, la Banque a entrepris une restructuration des projets pour les rendre rentables. Avec succès ! », a tenu à souligner Tas Anvaripour. L’enjeu est important lorsqu’on sait que chaque année, le déficit de financement des infrastructures en Afrique atteint 50 milliards de dollars, selon les estimations de la Commission des Nations Unies pour le développement.

>>> Lire aussi – La BAD : une quinquagénaire épanouie

Cadre de collaboration

Africa 50, qui entend s’affirmer comme un moteur de la mobilisation de capitaux et un cadre de collaboration tant des acteurs publics que privés, agira comme une entité autonome légalement et financièrement indépendante. « Elle bénéficiera toutefois du soutien de la BAD, notamment sur le plan administratif », a toutefois rappelé Kalidou Gadio.

Le Maroc a été retenu parmi une dizaine de pays concurrents pour la domiciliation d’Africa 50. « Ce choix valide la pertinence et l’attractivité de Casablanca Finance City en tant que centre financier régional et international », s’est réjoui Said Ibrahimi, directeur général de CFC. Casablanca Finance city, dont la création remonte à 2008, veut faire du Maroc un hub pour les flux internationaux en direction du continent. Désormais, la place financière de Casablanca occupe le 62 ème rang au niveau mondial dans l’indice londonien GFCI.

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