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Mali : IBK rafle la mise en Chine

IBK avec Li Keqiang, le 10 septembre 2014 à Tianjin. © AFP

En voyage en Chine du 8 au 13 septembre, le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a fait le plein de contrats. Et repart avec des promesses à hauteur de 10 milliards de dollars.

Li Keqiang, Premier ministre chinois, a ouvert mercredi 10 septembre la 8è édition du « Forum des nouveaux champions », à Tianjin (nord). Le forum économique reçoit 1600 participants, venant de 90 pays. Ibrahim Boubacar Keita, seul chef d’État africain invité, ne boude pas son plaisir pour sa première visite présidentielle en Chine. Dix milliards de dollars, c’est la totalité des annonces faites par Pékin en faveur du gouvernement malien, en marge de ce forum.

Le Premier ministre chinois, qui a fait une tournée sur le continent en mai dernier, a souhaité rappeler l’amitié qui lie les deux pays depuis l’indépendance du Mali, sous la forme d’un don net, immédiat, de 18 milliards de FCFA (28 millions d’euros), et un prêt sans intérêts de 8 milliards (12 millions d’euros). Il tient là une promesse qui avait été faite à IBK en 2011, au nom du Parti communiste chinois, d’aider le gouvernement du président élu (le RPM et le PCC sont liés par un accord de coopération).

Les cinq ministres présents – Équipement et transports, Économie numérique, Énergie, Mines et Industrie – devraient repartir satisfaits et laisser à Bamako les turpitudes dues à un FMI venu, ce 11 septembre, vérifier la bonne gestion financière du pays, comme les critiques émises sur cette première année de mandat. « Ce que nous sommes en train de faire ici, c’est simplement tout ce qu’avait annoncé le candidat IBK lors de sa campagne », se félicite un conseiller. « Et tout n’est pas encore signé. »

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Parmi les acquis, Li Keqiang a assuré, lors de son entrevue avec IBK mercredi, que son pays prendra en charge l’exploration du sous-sol malien sur l’ensemble de son territoire, enverra 600 boursiers par an étudier en Chine, financera à hauteur de 10 millions de dollars par an pendant cinq ans le développement des Petites et moyennes entreprises maliennes, et d’autres chantiers, parmi lesquels la rénovation du centre de conférences de Bamako (CICB) et l’achèvement d’un centre de formation à l’agriculture, avant la fin de l’année.

La concurrence des entreprises

De leur côté, encouragées par leur gouvernement à s’installer à l’extérieur du pays, les entreprises chinoises se pressent à l’entrée de l’hôtel Renaissance pour proposer leurs services. C’est dans ce grand hôtel qu’IBK est logé, et qu’il les reçoit, une à une. Un diplomate explique que l’emploi du temps a dû être révisé tant, ces dix derniers jours, les demandes se sont faites plus nombreuses. CRBC, Sinohydro, TBEA, SMEC… Toutes se livrent à une concurrence féroce pour décrocher les projets. Certaines arrivent en fin de contrat ou veulent récupérer ceux qu’elles avaient laissés après le conflit de 2012. Chacune a un programme à proposer. Parmi les différents protocoles d’accords figurent le désenclavement de la zone agricole de Ségou via la mise en place d’un axe routier Koulikouro-Bamako-Ségou et d’un pont entre les deux rives du Niger, la construction d’un quatrième pont à Bamako, de sept ports secs, de centrales solaires, de 24000 logements sociaux…

Tous les financements ne sont pas acquis.  « Je crois que la Chine vient seulement de réaliser que le Mali avait un sous-sol très riche », constate, un peu sonné, un membre de la délégation. Lundi, Boubou Cissé, ministre des Mines, signera un accord portant sur la recherche minière au Mali: les deux-tiers du territoire n’ont pas été explorés. 

Les matières premières: voilà l’enjeu. Sur les 10 milliards de dollars promis par Pékin, plus de 8 doivent être investis dans un chemin de fer qui reliera Bamako à Conakry. A la demande conjointe des présidents Alpha Condé et IBK, une requête de financement a été déposée auprès du gouvernement chinois, il y a environ deux mois. Les 900 kilomètres de chemin de fer permettront de relier Bamako à Conakry, et surtout d’évacuer les minerais de Kita. Personne ne doute que le financement sera acquis.

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Par Dorothée Thiénot, envoyée spéciale à Tianjin

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