Économie

Réchauffement climatique : l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale particulièrement vulnérables

Forêt de cocotiers à Assinie © Photo de Nabil Zorkot / REA

Selon une étude réalisée par la société Verisk Maplecroft, la hausse des températures pourrait provoquer une recul de 10,8 % des exportations d'Afrique de l'Ouest et de 7,9 % des exportations d'Afrique centrale, principalement dans les secteurs des industries extractives et de l'agriculture.

Conséquence du changement climatique, l’augmentation des températures menace 10,8 % de la valeur totale des exportations d’Afrique de l’Ouest d’ici 2045, selon une étude de la société de conseil en stratégie et risque Verisk Maplecroft. Les industries extractives, notamment du Nigeria, seront les premières touchées : elles représenteraient 60 % de ce recul.

La Côte d’Ivoire, elle, compte pour plus de la moitié des exportations agricoles menacée de la région, l’agriculture représentant la majeure partie des ventes à l’étranger du pays. Le Ghana, quant à lui, représente un peu moins d’un quart de ces transactions perdues.

Pour l’Afrique centrale, c’est 7,9 % des exportations qui pourraient être remises en cause par la hausse des températures d’ici à 2045. Le secteur extractif est central pour les économies d’Afrique centrale, où il compte pour 88 % de la valeur totale des exportations à risque de la région d’ici à 2045. L’Angola et le Gabon contribuent à plus de la moitié des ventes menacées du secteur.

Les autres régions du monde seront davantage épargnées des conséquences négatives de la hausse des températures. 0,1 % seulement des exportations de l’Europe sont compromises par le réchauffement climatique, 1 % en Amérique du Nord, et 1,6 % en Asie de l’Est.

Baisse de la productivité des travailleurs

« Étant donné l’importance des secteurs extractifs et agricoles à forte intensité de travail pour les économies exportatrices en Afrique […], l’impact de l’augmentation des températures sur la capacité de travail devraient avoir des conséquences particulièrement négatives » notent les deux auteurs, Alice Newman et Richard Hewston.

« Le stress thermique peut réduire la productivité des travailleurs en causant déshydratation et fatigue, ce qui ralentit le travail et, dans les cas extrêmes, entraîne la mort soulignent les deux auteurs. Les pertes de capacité de main-d’œuvre dues au stress thermique ont plus importantes dans les secteurs à plus forte intensité de travail. »

Le secteur énergétique mis à mal

« La hausse des températures et les vagues de chaleur plus fréquentes […] vont entraîner une hausse de la demande d’énergie pour la climatisation au cours des prochaines décennies, en particulier dans les zones urbaines, où la population devrait augmenter de 235 % d’ici 2050. Par conséquent, les entreprises seront confrontées à des coûts d’exploitation en hausse et à des risques accrus de pannes d’électricité » soulignent Newman et Hewston. À ce jour, seulement 76 % de la population urbaine en Afrique a accès à l’électricité, indique Verisk Maplecroft.

D’après les deux auteurs, en moyenne, les pays de la région perdent 20 % de l’électricité produite lors de la transmission et de la distribution, tandis que les entreprises sont confrontées à une moyenne de huit pannes par mois.

Pour la société de conseil, même si les gouvernements prennent des mesures pour renforcer le secteur de l’énergie, il est peu probable que l’augmentation de la capacité de production d’électricité suive le rythme d’augmentation de la demande.

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