Politique

Côte d’Ivoire : qui sont les 800 « amnistiés » de Ouattara ?

Alassane Ouattara sur l'écran d'une télévision lors de son discours du 6 août 2018 lors duquel il a annonçé l'amnistie de 800 personnes poursuivies pour des faits commis pendant la crise post-électorale. © REUTERS/Thierry Gouegnon

Amnistiés lundi par le président ivoirien, Simone Gbagbo, Assoa Adou, Lida Kouassi et Souleymane Kamaraté Konaté, dit Soul to Soul, ont retrouvé la liberté ce mercredi. Mais les 800 autres personnes qui bénéficient de cette mesure d'amnistie sont moins connus.

Dans son discours, lundi, Alassane Ouattara a nommément cité trois personnalités bénéficiaires de l’amnistie : Simone Gbagbo, ex-Première dame et épouse de Laurent Gbagbo ; Assoa Adou et Lida Kouassi, tous les deux ex-ministre de Laurent Gbagbo ; et Souleymane Kamaraté Konaté, dit Soul to Soul. Tous ont été remis en liberté ce mercredi.


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Mais si l’on connaît l’identité de ces quatre personnalités, les autres bénéficiaires de l’ordonnance d’amnistie sont moins connus. Les équipes de Sansan Kambilé, ministre de la Justice à qui Alassane Ouattara a confié le soin de dresser la liste des bénéficiaires sont à pied d’oeuvre et ne laissent rien filtrer.

Le discours présidentiel, qui sert de termes de référence au ministère de la Justice, renseigne cependant sur le profil des personnes concernées. Le chef de l’État a en effet précisé que « sur les 800 personnes concernées par cette amnistie, environ 500 sont déjà en liberté provisoire ou en exil et verront leurs condamnations pénales effacées. De ce fait, il sera mis fin aux poursuites à leur encontre. Il en sera de même pour les 300 autres personnes détenues, qui seront libérées prochainement ».

Trois catégories

Aussi, les conseillers et magistrats chargés du dossier ont-ils classé les bénéficiaires en trois catégories : les détenus – jugés ou non -, les condamnés en liberté et les exilés. Dont certains, parmi ces derniers, sont visés par des mandats d’arrêt ou ont été condamnés par contumace.

Hormis Jean Gervais Tchéidé, porte-parole de Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS, plateforme de l’opposition) et membre du Front populaire ivoirien (FPI), arrêté en avril 2018, tous les autres pontes connus ont bénéficié de mises en liberté provisoire.


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En 2014, quatorze personnalités avaient ainsi déjà bénéficié d’une liberté provisoire, avant leur jugement, au nombre desquels Pascal Affi N’Guessan, Aboudramane Sangaré et Michel Gbagbo. Les autres détenus dans cette catégorie sont moins connus, ils appartenaient à des milices civiles ou étaient des militants actifs de l’ex-majorité présidentielle.

Le cas particulier des exilés

Au nombre des personnalités jugées et condamnées mais en liberté, donc bénéficiaires de la mesure d’amnistie, Gilbert Aké N’Gbo, 63 ans, Premier ministre de Gbagbo durant la crise postélectorale, et Hubert Oulaye, 65 ans, ancien ministre et cadre du FPI.

Jugé dans la même affaire – dite du casse de l’agence nationale de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) d’Abidjan – avec Aké N’Gbo, l’ex-ministre Justin Katinan Koné, porte-parole de Gbagbo avait pour sa part été condamné par contumace à vingt ans de prison ferme. Il est, lui aussi, l’un des bénéficiaires de l’amnistie.

Quant aux exilés visés par des mandats d’arrêt, ils sont nombreux. De l’ex-ministre Eric Kahé, 63 ans, fondateur de l’Alliance ivoirienne pour la République et la démocratie (AIRD), à Stéphane Kipré, 38 ans, beau-frère de Laurent Gbagbo et président de l’Union des nouvelles générations (UNG), en passant par Damana Adia – dit Pickass- , cadre du FPI qui, en direct à la télé, avait déchiré les résultats que s’apprêtait à lire le porte-parole de la Commission électorale indépendante (CEI) à l’issue du second tour de la présidentielle de 2010. Tous sont en exil en France, au Ghana, au Togo ou au Bénin.

« Nous n’avons pas encore reçu de notification et attendons avec impatience des informations dans ce sens. Dès que nous aurons confirmation, nous prendrons toutes les dispositions logistiques, pour retourner dans notre pays », a confié à Jeune Afrique, Eric Kahé, depuis la France où il est en exil.

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