Politique

Zimbabwe : l’opposant Tendai Biti a été arrêté à la frontière zambienne

Tendai Biti, alors ministre des Finances, lors d'une conférence de presse à Harare le mercredi 18 février 2009. © AP/SIPA

Tendai Biti, un responsable de l'opposition zimbabwéenne, a été arrêté mercredi 8 août au matin à la frontière, alors qu'il s’apprêtait à demander « l'asile » en Zambie, selon son avocat. Cette arrestation intervient alors que son parti conteste les résultats de l'élection présidentielle remportée par le sortant Emmerson Mnangagwa.

Tendai Biti, l’un des leaders de l’opposition, « a été arrêté à la frontière zambienne », a affirmé son avocat, Me Nqobizitha Mlilo, précisant à l’AFP que l’ancien ministre cherchait « l’asile » politique chez le voisin zambien. De leur côté, les autorités n’ont pas confirmé l’arrestation de Tendai Biti, l’un des leaders de l’opposition.

Tendai Biti, qui a été ministre des Finances du gouvernement d’union nationale (2009-2013), est recherché par la justice suite à des accusation d’incitation à la violence, selon le journal pro-gouvernemental The Chronicle. L’entourage de l’opposant avait dénoncé la présence de forces policières autour du domicile de sa mère à Harare.


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Répression et chasse aux opposants

Avant la proclamation officielle des résultats par la commission électorale, Tendai Biti avait annoncé que Nelson Chamisa, le candidat de son parti le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), avait remporté le scrutin « au-delà de tout doute raisonnable ». Il avait également défié la commission électorale d’annoncer un résultat différent. Celle-ci a par la suite proclamé Emmerson Mnangagwa vainqueur avec 50,8%.

Après l’annonce de la victoire de l’ancien bras droit de Robert Mugabe, des manifestations contestant ces résultats ont été violemment réprimées, dès le 1er août. Au moins six personnes ont été tuées dans les affrontements. Le lendemain, les services de police ont mené une vague d’arrestations parmi les opposants.

Opposition, observateurs et diplomates occidentaux n’ont pas caché leurs craintes après ces incidents. Les chefs de mission au Zimbabwe de l’Union européenne, des États-Unis, de la Suisse et du Canada avaient entre autre pointé du doigt de « sérieuses violations des droits de l’Homme », appelant le gouvernement à « respecter les droits de Zimbabwéens ».

Le MDC de Nelson Chamisa, qui promet de contester légalement les résultats du scrutin, doit annoncer ce mercredi sa stratégie. L’opposition a jusqu’à vendredi pour déposer son recours. La Cour constitutionnelle aura ensuite 14 jours pour statuer.


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« Les élections sont derrière nous »

Emmerson Mnangagwa, qui avait conduit sous Robert Mugabe la brutale répression dans les provinces dissidentes du Matabeleland (ouest) et des Midlands (centre) en 1983, a promis vendredi dernier l’ouverture d’une « enquête indépendante » sur les récentes violences.

Dans des déclarations publiées mardi par le journal pro-gouvernemental The Herald, il a répété que « l’élection a été libre, juste, et transparente ». Il a également exhorté les Zimbabwéens à oublier la politique au profit de l’économie : « Les élections sont derrière nous (…), nous devons maintenant nous concentrer sur la modernisation de notre économie, faire croître notre économie ensemble. Ceux qui ont voté pour moi, ceux qui ont contre moi… Le Zimbabwe est à nous ensemble », a-t-il.

Emmerson Mnangagwa affiche sa volonté de renouer avec les investisseurs étrangers, répétant que « le Zimbabwe est ouvert au business ». Dans un pays où près de trois quarts des habitants vivent sous le seuil de pauvreté et où le chômage atteint 90% de la population active, Mnangagwa a promis « un nouveau départ » et de « construire un nouveau Zimbabwe pour tous ».

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