Politique

Tunisie : Habib Essid nommé conseiller à la présidence de Béji Caïd Essebsi

L'ex-Premier ministre Habib Essid, nommé conseiller à la présidence, et le président tunisien Béji Caïd Essebsi, le 23 janvier à Tunis. © Hassene Dridi/AP/SIPA

L'ancien chef du gouvernement Habib Essid a été nommé lundi ministre conseiller spécial auprès du président de la République en charge des affaires politiques. Un atout pour Béji Caïd Essebsi, en pleine crise politique avec le gouvernement Chahed.

Le 30 juillet 2016, Habib Essid avait quitté l’hémicycle du Bardo, son poste de chef du gouvernement et le pouvoir sous les applaudissements des députés de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). Ils venaient pourtant de lui notifier sa disgrâce en lui signifiant le retrait de la confiance du Parlement. Deux ans plus tard, Habib Essid revient en première ligne en tant que ministre conseiller spécial auprès du président de la République en charge des affaires politiques.

Depuis quelques semaines, cette nomination se faisait sentir. Habib Essid avait rencontré plusieurs fois le président de la République, Béji Caïd Essebsi, et l’entretien qu’il a eu le 31 juillet 2018 avec le chef du gouvernement Youssef Chahed allait dans ce sens.

Un atout pour le président

Cette nomination intervient en pleine crise politique entre Carthage et la Kasbah et semble refléter une volonté de Béji Caïd Essebsi de renouveler son personnel politique et de revenir à des fondamentaux en s’entourant de certaines expertises. Dans une interview accordée à Nessma TV le 15 juillet 2018, il avait signifié « qu’il ne retenait personne et que chacun pouvait s’en aller à sa guise » ; une petite phrase qui en disait long sur les lézardes au sein de son équipe.

Durant ces deux dernières années, le président avait reconnu à des proches que son évaluation de Habib Essid avait été biaisée par des propos fallacieux qu’on lui avait rapportés. Mais sa désignation, aujourd’hui parmi les membres du premier cercle à Carthage, ne tient pas à des regrets mais au profil de l’homme, qui a été ministre de l’Intérieur en 2011 puis chef du gouvernement en 2015.

Indépendant et d’une probité extrême, ce fin connaisseur des rouages de l’État sera d’un apport certain pour mettre la présidence au-dessus de la mêlée politique. « Il sera utile à Carthage à plus d’un titre. Un bon atout pour réussir la fin de mandat en 2019 », précise le journaliste Taoufik Habaieb, tandis que des observateurs soulignent l’isolement apparent du président.

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