Vie des partis

Burkina : l’UPC de Zéphirin Diabré jauge ses forces avant la présidentielle de 2020

Le leader de l'opposition, Zéphirin Diabré, lors d'un rassemblement de l'UPC le 25 novembre 2015 à Ouagadougou. © Theo Renaut/AP/SIPA

L'Union pour le progrès et le changement (UPC), principal parti d'opposition, tient son deuxième congrès ordinaire du 20 au 22 juillet à Ouagadougou. Objectif : renouveler ses instances et jauger ses forces avec la présidentielle de 2020.

Placé sous le thème « UPC : stratégie pour une victoire éclatante en 2020, synonyme de paix, d’unité nationale, de sécurité et de prospérité », le deuxième congrès ordinaire du parti de Zéphirin Diabré, patron de l’opposition burkinabè, fourbit ses armes avant la prochaine présidentielle prévue dans deux ans. L’annonce de la candidature du président Roch Marc Christian Kaboré, le 24 juin dernier, à la présidentielle de 2020, explique-t-elle l’importance de ce congrès dans la perspective de la désignation du candidat de l’UPC ?

Juriste et analyste politique très actif dans la société civile burkinabè, Siaka Coulibaly veut y croire. « L’UPC pense tirer un profit électoraliste des insuffisances du pouvoir du MPP [Mouvement du peuple pour le progrès, ndlr], notamment sur la question sécuritaire, avec la recrudescence des attaques terroristes. Mais également en matière d’économie, pour laquelle l’UPC dispose d’un atout, à savoir le profil de son président, qui est aussi économiste [Diabré a été ministre de l’Économie et des Finances à partir de 1994, ndlr] », décrypte le politologue burkinabè.

Démonstration de force avant l’heure, le président de l’UPC sera escorté par un cortège géant de son domicile à la Zone du Bois, jusqu’au lieu du congrès, le Palais des Sports de Ouaga 2000.

Les travaux en commission permettront aux 5 000 délégués attendus de déceler les insuffisances de la gestion du pouvoir du président Kaboré, pour bâtir l’argumentaire électoral du parti en 2020. Ces derniers, selon nos informations, devraient plébisciter Zéphirin Diabré à la tête du parti.

« C’est le moment de nous essayer ! »

Candidat malheureux à la présidentielle de 2015, l’économiste de 58 ans , farouche opposant à Roch Marc Christian Kaboré, dont il juge la gestion décevante, veut croire que son heure à désormais sonné : « Deux des trois baobabs du Burkina, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) et le MPP, ont dirigé ce pays. Avec les résultats que vous connaissez. L’UPC, elle, n’a jamais gouverné. C’est le moment de nous essayer ! », a lancé le président d’honneur du Forum d’amitié sino-burkinabè.

« L’UPC va devoir démontrer sa capacité à être une alternative crédible aux yeux des burkinabè », nuance néanmoins Siaka Coulibaly. Qui admet toutefois que la crispation du dialogue autour de la question de la réconciliation avec l’ex-majorité fidèle à Blaise Comparé, en exil depuis sa chute en octobre 2014, peut bénéficier au parti de Diabré. Seul bémol, prévient un fin connaisseur du paysage politique burkinabè : « Certains considèrent que l’UPC n’est pas offensive pour tirer profit des échecs de l’ère Kaboré ».

Enfin, ce congrès devrait servir à réaffirmer l’unité retrouvée du parti. « Pour se donner les meilleures chances de réussite en 2020, l’UPC devra aplanir les divergences en son sein », insiste Siaka Coulibaly. Pour le juriste, la fronde des députés qui ont créé le mouvement UPC-RD (pour Renouveau démocratique) a fragilisé le parti. En octobre dernier, treize députés du mouvement conduit par Daouda Simboro avaient claqué la porte du groupe parlementaire de l’UPC pour former le leur (l’UPC/RD), dénonçant un manque de démocratie en interne.

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