Politique

Tunisie : arrestation de Tarek Haddad, porte-parole de la coordination du sit-in d’El-Kamour

Des policiers tunisiens face à des manifestants à Tataouine, le 22 mai 2017. © Hatem Kefi/AP/SIPA

Dans la soirée du 17 juillet, Tarek Haddad, porte-parole de la coordination du sit-in d’El-Kamour, a été arrêté par les forces de sécurité. Il faisait l’objet d’un avis de recherche dont les motivations restent inconnues.

L’arrestation du leader des mouvements contestataires d’El-Kamour fait craindre un regain de tension dans la région de Tataouine. Depuis 2017, des protestataires y ont enclenché un bras de fer avec le gouvernement en empêchant, lors d’un sit-in de près de trois mois, l’accès au site pétrolier d’El-Kamour et en bloquant sa production allant jusqu’à fermer une vanne.

La colère des habitants de la région ne fléchit pas, au contraire. Elle est alimentée par les promesses non tenues du gouvernement de Youssef Chahed. « L’accord d’El-Kamour – signé en juin 2017 par Imed Hammami [alors ministre de l’Emploi], actuellement en poste à la Santé, n’a été que très partiellement appliqué », expliquait en juin 2018 un des sit-ineurs.

Il garantissait le recrutement de 1 400 jeunes dans les sociétés pétrolières mères, le versement de la somme de 80 millions de dinars au profit de la caisse régionale de développement, le recrutement de 500 jeunes dans les sociétés de sauvegarde de l’environnement, la formation de 500 jeunes dans le domaine du pétrole, avec une prime mensuelle de 500 dinars pendant cette formation et l’octroi de 70 % des emplois dans les compagnies pétrolières aux jeunes de la région.

Multiplication des rassemblements

Malgré les assurances données par le gouvernement et les déclarations de Imed Hammami qui assurait, en mars 2018, que « les principales mesures mises en œuvre en 2018 concernent les recrutements dans les sociétés d’environnement et de jardinage et l’activation du fonds de développement et de l’investissement en faveur de Tataouine, dont l’enveloppe est de 80 millions de dinars », il semble que la population locale n’en ait pas encore vu les effets.

Depuis juin, la tension est palpable, les rassemblements se multiplient et la seule réaction des autorités semble avoir été d’opérer à des arrestations. « Ils ne peuvent pas mettre en cage toute une région, surtout quand elle a faim et soif », assure Yacine, un chômeur de Tataouine contacté par téléphone.

Un regain des troubles et un durcissement de ton qui risquent de mettre à mal Youssef Chahed, pris, par ailleurs, dans une tourmente politique. La rentrée sociale en Tunisie s’annonçait agitée mais El-Kamour risque de mettre le feu aux poudres plus tôt que prévu.

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