États-Unis : Teodorin Obiang contraint de renoncer à 30 millions de dollars d’avoirs

Teodoro Nguema Obiang Mangue est le fils aîné du président de la Guinée équatoriale. © Jérôme Leroy/AFP

Teodoro Nguema Obiang, le fils du président de la Guinée équatoriale, a accepté de renoncer à 30 millions de dollars d'avoirs aux États-Unis pour conserver ses autres biens dans le pays. Il était accusé de les avoir acquis avec de l'argent issu de la corruption.

Teodoro Nguema Obiang Mangue, fils du président de la Guinée équatoriale et 2e vice-président du pays d’Afrique centrale, a conclu un accord avec le ministère de la Justice américaine en vertu duquel il renonce à 30 millions de dollars d’avoirs aux États-Unis. Parmi ces biens figurent une villa à Malibu, en Californie, une Ferrari et plusieurs objets de collection ayant appartenus à Michael Jackson.

Celui qui est surnommé « Teodorin » Obiang était accusé par les autorités américaines d’avoir acquis ces biens avec de l’argent issu de la corruption. Selon le dossier rassemblé par les procureurs américains depuis 2011, l’aîné du président Teodoro Obiang, dont le salaire annuel officiel est de 100 000 dollars, a amassé une fortune de 300 millions de dollars dans ce pays « grâce à la corruption et au blanchiment d’argent, en violation des lois américaines et équato-guinéenne ».

La justice américaine, dans son communiqué, remercie le gouvernement français pour « son aide considérable » dans cette enquête.

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Dans un communiqué, le procureur américain Leslie Cadwell accuse Teodoro Obiang Nguema d’avoir « grâce à un détournement implacable de ressources et à l’extorsion de fonds, […] pillé sans vergogne son gouvernement et les entreprises de son pays afin de soutenir son train de vie somptueux, alors que beaucoup de ses concitoyens vivaient dans l’extrême pauvreté ».

Dans un texte publié le 10 octobre, Teodoro Obiang Nguema se dit « heureux de pouvoir mettre fin à cette longue et coûteuse épreuve » et réaffirme que les avoirs en question ont été « obtenus en conformité avec les lois de [son] pays et à travers des relations d’affaires à l’intérieur et en dehors de la Guinée équatoriale ».

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Sa décision de conclure un accord avec la justice américaine est selon lui due au fait que cette enquête « était devenue une distraction importante par rapport à [s]es responsabilités officielles et la source frictions inutiles entre la Guinée équatoriale et les États-Unis »

Les autorités américaines vont reverser 20 millions de dollars tirés de la vente de ces biens à une ONG « pour le bénéfice de la population équato-guinéenne », tandis que 10,3 millions de dollars d’amende en amende aux États-Unis qui les « redistribueront au peuple équato-guinéen en fonction de la législation », indique le communiqué de la justice américaine.

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Teodorin Obiang conserve 40 millions de dollars de biens que voulait saisir la justice américaine. Parmi eux : les célèbres gants blancs incrustés de cristaux de Michael Jackson.

Teodorin Obiang conserve néanmoins environ 40 millions de dollars de biens sur les 70,8 millions que voulait saisir la justice américaine, notamment un jet privé, un yacht et divers objets ayant appartenu à Michael Jackson, dont les célèbres gants blancs incrustés de cristaux.

Ces biens pourraient toutefois être saisis et vendus par la justice américaine « s’ils sont encore une fois introduits sur le territoire » des États-Unis.

Aide de la France

La justice américaine, dans son communiqué, remercie par ailleurs le gouvernement français pour « son aide considérable » dans cette enquête. Pour rappel, Teodorin Obiang a été mis en examen en France en mars dernier pour blanchiment de détournement de fonds publics, d’abus de biens sociaux et d’abus de confiance, par les juges qui enquêtent depuis décembre 2010 sur les conditions dans lesquelles trois chefs d’État africains – Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), Teodoro Obiang  et le défunt président gabonais Omar Bongo – ont acquis un important patrimoine immobilier et mobilier en France. Il a engagé de nombreuses procédures en diffamation, sans succès.

Les juges français ont par ailleurs saisi plusieurs biens mobiliers et un hôtel particulier appartenant à Teodorin Obiang et à sa famille à Paris.

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