Diplomatie

La Tunisie rejoint à son tour l’initiative chinoise « One Belt, One Road »

Khemaies Jhinaoui, ministre tunisien des Affaires étrangères, et son homologue chinois, Wang Yi, à Beijing, en juillet 2017. © Mark Schiefelbein/AP/SIPA

Huit mois après le Maroc, c'est au tour de la Tunisie de signer un mémorandum d'entente avec la Chine dans le cadre de son projet de « nouvelle route de la soie ». À la clé, de possibles partenariats sur les grands projets d’infrastructure inscrits au Plan de développement 2016-2020.

La signature, le 11 juillet, d’un mémorandum d’entente scellant l’adhésion de la Tunisie à l’initiative chinoise de « la nouvelle route de la soie », lancée par le président chinois Xi Jinping en 2013, marque une nouvelle étape dans les relations tuniso-chinoises et ouvre « sur de nouvelles opportunités de coopération économique, commerciale, touristique et au niveau de l’investissement » selon le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khémaïs Jhinaoui.

De son côté, Wang Yi, ministre chinois des Affaires étrangères, a réitéré la détermination de la Chine à poursuivre la relance de la coopération avec la Tunisie. Beijing vise notamment des partenariats sur les grands projets d’infrastructure inscrits par Tunis à son Plan de développement 2016-2020, dont un port en eaux profondes et de nouvelles autoroutes.


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Mohamed Sahbi Basly, président de la chambre de commerce tuniso-chinoise, souligne l’atout que représente la position géographique stratégique de la Tunisie, à la confluence de l’Europe, de l’Afrique, du Maghreb et du Moyen-Orient. Mais il reconnait cependant que « la Tunisie en elle-même n’est pas un marché important pour la Chine. Pour les Chinois, elle peut être une plateforme pour aller sur d’autres marchés plus grands ».

Sans condition de réformes

De fait, la Tunisie doit prendre en compte le déficit de sa balance commerciale avec la Chine, qui a atteint, en 2017, le record de 4,4 milliards de dinars (1,43 milliard d’euros) soit 27,5 % du déficit global du pays, conséquence en partie de la dépréciation du dinar vis-à-vis du dollar américain. Une tendance qui se confirme sur 2018 alors que la Chine s’arroge 10 % des importations tunisiennes contre 1,15 % d’exportations tunisiennes vers Pékin. Au premier semestre, le déficit de la balance commerciale entre les deux pays est de l’ordre de 31 %.

Il lui faudra aussi composer avec le Maroc, qui a intégré le dispositif en novembre 2017, et assure déjà une position de hub vers l’Afrique.

Néanmoins, les ambitions chinoises tombent à pic pour la Tunisie qui peine à émerger d’une crise économique et cherche des soutiens à l’international. D’autant que Pékin ne conditionne pas son aide à des réformes socio-économiques ou au rééquilibrage des finances publiques, comme c’est le cas des institutions internationales comme l’Union européenne (UE) ou le FMI.

Avec ce mémorandum, la Tunisie rejoint les 100 pays et organisations internationales et régionales qui ont déjà adhéré aux mégas projets de « la ceinture économique de la Route de la soie », également connus sous le nom de « One Belt, One Road », dont l’objectif est de renforcer notamment les infrastructures routières, maritimes et aériennes afin de promouvoir les investissements, le partenariat et la coopération de la Chine avec le Moyen Orient, l’Afrique et l’Europe.

Une manière de conforter la présence chinoise face à celle des États-unis, qui se joue désormais sur de nouveaux territoires.

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