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Faudra-t-il le priver de Coupe du monde ?

Écrit par Peter Godwin
The New York Times, quotidien, É

La communauté internationale n’a d’autre choix que de dénier toute légitimité au régime de Robert Mugabe et, pour commencer, de refuser d’entériner les « résultats » de l’élection du 27 juin. Si l’opposition forme un gouvernement en exil, l’Occident doit traiter avec celui-ci. Morgan Tsvangirai n’a-t-il pas obtenu davantage de voix que Mugabe lors des élections du mois de mars ?
L’Afrique du Sud pourrait utiliser sa force économique pour mettre fin au pouvoir de ce dernier, mais Thabo Mbeki s’y refuse. Au mois d’avril, alors que des membres de l’opposition étaient torturés, il s’est rendu au Zimbabwe et a joué les faire-valoir à la télévision auprès d’un Mugabe tout sourires. Au Conseil de sécurité des Nations unies, il s’est opposé à ce que la question soit inscrite à l’ordre du jour. Sans doute estime-t-il que les avantages de sa position l’emportent sur les inconvénients, mais il n’est pas sûr que son calcul soit bon. À l’étranger, certains pourraient estimer que le moment n’est pas opportun pour organiser un safari en Afrique du Sud. Ou pour y faire de nouveaux investissements.
Plus important, il y a la Coupe du monde de football 2010, pour laquelle l’Afrique du Sud a déjà consenti d’énormes investissements – l’événement étant censé marquer son entrée dans le cercle fermé des pays qui comptent. Et si le Zimbabwe devenait pour l’Afrique du Sud ce que le Tibet est pour la Chine, à l’approche des JO ? Et si, pour convaincre Mbeki d’abréger les souffrances du Zimbabwe, il fallait le menacer de lui reprendre son ballon de foot et d’aller jouer ailleurs ?

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