Sécurité

Tunisie : hommage aux six policiers tués dans un attentat jihadiste

Enterrement des policiers tués le 8 juillet 2018 lors d'un attentat jihadiste. © Hassene Dridi/AP/SIPA

La Tunisie a enterré lundi les six membres des forces de sécurité tués la veille dans l'ouest du pays, au cours de l'opération jihadiste la plus sanglante depuis la série d'attaques de 2015 et début 2016. L'attentat a été revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Après une cérémonie en présence du ministre de l’Intérieur sur une base de la Garde nationale près de Tunis, les enterrements ont rassemblé des centaines de personnes chacun en plusieurs points du pays.

À Douar Hicher, une banlieue populaire de Tunis où la police annonce régulièrement des arrestations d’extrémistes, la dépouille d’un jeune policier, Arbi Guizeni, a ainsi été accompagnée par un important cortège, en tête duquel se trouvaient des membres des forces de sécurité en cagoule et armes à la main.

Dans la maison qu’il était en train de faire construire, sa mère, veuve, s’est effondrée sur le cercueil de son fils, pilier de cette famille très modeste.

Victimes d’une bombe artisanale

Dimanche matin, une unité de la Garde nationale était en train de patrouiller à bord de plusieurs véhicules, lorsqu’ils ont été ciblés par une bombe artisanale. L’attaque, qui s’est déroulé près de la frontière avec l’Algérie, a fait six morts et trois blessés.

Les trois policiers blessés sont « dans un état stable », selon le porte-parole de la Garde nationale, le colonel Houssemeddine Jebabli. Celui-ci a également précisé que les opérations de recherches lancées dimanche avec l’armée se poursuivaient.

La branche tunisienne du groupe jihadiste Aqmi, Okba ibn Nafaa, a revendiqué l’attaque et affirmé avoir saisi plusieurs armes, selon le centre américain de surveillance des sites jihadistes SITE.

« Nous allons venger nos héros »

Cette attaque risque d’accentuer la crise politique profonde que traverse la Tunisie, où le Premier ministre Youssef Chahed fait face à une offensive au sein de son propre camp.

« Nous allons venger nos héros », a déclaré M. Chahed, tout en soulignant que « la situation sécuritaire est sous contrôle ».

« La guerre contre le terrorisme (…) nécessite le renforcement de l’institution militaire loin des calculs étroits », a indiqué son parti, Nidaa Tounès, dans un communiqué signé du principal rival de Youssef Chahed, Hafedh Caïd Essebsi, le fils du président de la République.

Youssef Chahed a récemment limogé le ministre de l’Intérieur et des dizaines de responsables du ministère ont été démis de leur fonctions sans explication précise.

Un conseil de sécurité prévu mardi

Le président Béji Caïd Essebsi, qui s’est rendu au chevet des policiers blessés lundi soir, a appelé à l’unité dans ses premières déclarations depuis l’attaque, assurant à la télévision « on veut que le peuple soit solidaire, ce qui n’est pas le cas ».

Il a annoncé qu’il présiderait un conseil de sécurité mardi pour faire la lumière sur l’attaque.

À Sidi Bouzid, dans le centre tunisien, des dizaines de policiers ont manifesté pour réclamer davantage de moyens, selon un correspondant de l’AFP.

Des heurts ont régulièrement lieu à la frontière algérienne. Mais c’est la première fois depuis plus de deux ans que les forces de l’ordre essuient de telles pertes.

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