Analyses

Mondial 2018 : l’Angleterre rugit à nouveau en battant la Suède (2-0)

L'Anglais Harry Maguire domine le Suédois Marcus Berg de la tête, le 7 juillet 2018. © Alastair Grant/AP/SIPA

Les Anglais ont dominé une Suède sans imagination et se qualifient pour leur première demi-finale de Coupe du monde depuis 1990. Le gardien britannique Jordan Pickford a encore brillé.

Depuis la victoire de la Belgique face au Brésil (2-1) le 6 juillet, soit l’équivalent d’un séisme force 10 sur l’échelle de Richter du football mondial, la Coupe du monde russe s’est transformée en un super-Euro. Il ne reste désormais que des représentants du Vieux continent dans le tournoi, dont la Suède et l’Angleterre qui s’affrontaient samedi 7 juillet sur la pelouse de Samara pour un ticket en demi-finale.

Sur le territoire russe, les sélections européennes ont affiché leur supériorité tactique sur les formations des autres continents. Dans les matchs à élimination directe, seule une formation sud-américaine, l’Uruguay, a réussi à éliminer de la course au trophée un pavillon européen. C’était face au Portugal en huitièmes de finale (2-1). Mais ensuite, la Celeste a connu le funeste sort de l’Argentine en chutant face à la France, comme le Brésil et le Japon contre la Belgique et la Colombie face à l’Angleterre

Le problème, c’est qu’entre pays européens, ce savoir-faire tactique peut transformer les matchs en purge. Les paupières avaient été lourdes devant le spectacle offert par le Danemark et la Croatie en huitièmes de finale. À Samara, sur les bords des eaux tumultueuses de la Volga, on a craint que l’ennui ne gagne de la même façon le duel entre la Suède et l’Angleterre.

Le coup de tête de Maguire

Limités techniquement, les Suédois ont appliqué leur recette maison : se positionner bas sur le terrain, boucher tous les espaces et attendre une erreur de l’adversaire pour prendre l’avantage. Les Anglais, fébriles devant l’enjeu immense de cette rencontre, se sont d’abord cassés les dents sur la muraille scandinave. Pas de vitesse dans les passes, pas de percussion dans le camp adverse, les Britanniques en manque d’idées envoyaient uniquement des longs ballons vers leurs attaquants Harry Kane et Ryan Sterling. Pas forcément le bon moyen de faire sauter le verrou face aux géants nordiques.

Mais à la 30e minute, un corner a débloqué la situation. Le défenseur Harry Maguire devançait tout le monde au point de penalty et propulsait la balle dans le but d’Olsen, impuissant (1-0, 30e). La sélection des Three Lions, qui attend une demi-finale de Coupe du monde depuis 1990, explosait de joie et prenait confiance. Une poignée de minutes plus tard, Sterling était parfaitement lancé dans le dos de l’arrière-garde suédoise et se présentait face à Olsen, qui jaillissait pour entraver le dribble de l’attaquant de Manchester City. L’Angleterre ratait le break.

La main de fer de Pickford

Au retour des vestiaires, les Britanniques ont failli regretter cette occasion gâchée par Sterling. À la 47e minute, le meilleur joueur suédois de ce Mondial 2018, Emil Forsberg, le seul vrai créateur de l’équipe scandinave, envoie un centre sur la tête de Marcus Berg, qui domine Ashley Young dans les airs et catapulte une puissante reprise de la tête vers la cage de Jordan Pickford. Mais le gardien britannique sort le cuir d’une superbe parade et sauve son camp.

Souvent plombé par la faiblesse légendaire de ses portiers depuis de longues années, le royaume de sa Majesté s’est enfin trouvé un ange gardien dans cette Coupe du monde. Pickford avait déjà sorti un arrêt encensé par la presse britannique sur le dernier tir au but de la Colombie en huitièmes de finale. Face à la Suède, il a réalisé un nouvel exploit à la 61e minute. Sur une action à une touche de balle, les Vikings déstabilisent la défense anglaise. Mais Pickford plonge très vite au sol pour détourner la frappe de Claesson. Le gardien d’Everton ajoutera même à sa collection une nouvelle claquette sur une tête de Berg (71e).

Entre-temps, les Three Lions avaient déjà pris le large en enfonçant le clou sur un centre de Lingard en première intention vers le deuxième poteau où Dele Alli était le plus vif pour battre Olsen avec une tête à bout portant (2-0, 59e). La messe était dite. L’Angleterre, puissante physiquement et dont le jeu simple est sublimé par le talent de ses attaquants, croit plus que jamais après ce nouveau succès à une finale de Coupe du monde, 52 ans après la seule de son histoire. Dans les tribunes de Samara les fans britanniques l’ont compris en entonnant leur hymne, God Save the Queen, dans les dernières minutes du match.

Dele Alli, la jeunesse au pouvoir

Le milieu de terrain d’origine nigériane avait été transparent face à la Colombie en huitièmes de finale. Il s’est rattrapé face à la Suède en jouant parfaitement son rôle de piston au milieu de terrain, en relançant vite et en imposant sa vitesse et son impact physique au bloc suédois. Cerise sur le gâteau, c’est lui qui a inscrit le deuxième but anglais à la 61e minute en reprenant de la tête un centre de Lingard. Le joueur de Tottenham monte clairement en puissance en Russie. Il pourrait avoir un rôle décisif à jouer en demi-finale, pour envoyer pour la première fois l’Angleterre en finale d’un Mondial depuis 1966. Une autre époque pour Alli et ses 22 ans.

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