Politique

Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara dissout le gouvernement

Le président ivoirien, Alassane Ouattara. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Le chef de l’État Alassane Ouattara a reconduit le 4 juillet Amadou Gon Coulibaly et l’a chargé de former une équipe composée de membres du RHDP et de la société civile.

Alassane Ouattara avait annoncé qu’il remanierait le gouvernement fin juin-début juillet, ouvrant depuis la voie aux rumeurs et conjectures. Ce mercredi 4 juillet, le secrétaire général de la présidence, Patrick Achi, a annoncé que le président ivoirien avait signé deux décrets : d’une part, il dissout le gouvernement nommé il y a dix-huit mois ; de l’autre, il reconduit aussitôt son fidèle lieutenant Amadou Gon Coulibaly au poste de Premier ministre.

Le texte précise que la nouvelle équipe sera constituée de membres du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) et de la société civile. Selon nos informations, Amadou Gon Coulibaly était dans le bureau du président ivoirien au moment de cette annonce.

Présidence ivoirienne

La place du PDCI menacée

Ce remaniement intervient alors que le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) a décidé, lors d’un bureau politique mouvementé, le 17 juin, de repousser son adhésion au parti unifié après la présidentielle. Il réclame auparavant « l’alternance », c’est-à-dire que le Rassemblement des républicains (RDR, parti présidentiel) se range derrière un candidat du PDCI en 2020, comme le parti de Félix Houphouët-Boigny l’avait fait pour Alassane Ouattara en 2015. Une exigence qui, pour l’instant, est rejetée au sein du parti présidentiel.

L’adoption de cette ligne anti-RHDP et les fortes tensions entre Alassane Ouattara et son allié Henri Konan Bédié pourraient ainsi mettre en péril la participation du PDCI au prochain gouvernement.

Les pro-RHDP, dont les principales figures du gouvernement, tentent, quant à  elles, de marquer leur différence. Ce mardi, le ministre Kobenan Adjoumani a ainsi lancé le mouvement « Sur les traces d’Houphouët-Boigny », affichant sa préférence pour la mise en place rapide du parti unifié.

Cela suffira-t-il à sauver la présence au gouvernement de certains caciques du PDCI, comme Thierry Tanoh ou Raymonde Goudou-Coffie ? C’est l’une des principales questions en suspens.

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