Analyses

Mondial 2018 : la Belgique renverse le Japon à l’issue d’un match fou (3-2)

Le Belge Axel Witsel (d.) et le Japonais Takashi Inui à la lutte pour le ballon, le 2 juillet 2018, en 8e de finale du Mondial russe. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Menée deux buts à zéro, la Belgique a réussi à inscrire trois buts en une demi-heure pour éliminer un Japon héroïque. Les Diables rouges retrouveront le Brésil en quarts de finale.

Il ne faut jamais penser qu’un match est joué d’avance dans un huitième de finale de Coupe du monde. Les Espagnols en ont fait l’amère expérience face à la Russie (1-1, 3-4 t.a.b.) dans un match où ils ont pourtant battu le record du nombre de passes, mais sans réussir à déborder la défense du pays hôte héroïque pendant 120 minutes.

Les Belges n’avaient peut-être pas entendu l’avertissement en pénétrant sur la pelouse du stade de Rostov, lundi 2 juillet. Sur le papier, les hommes du Plat pays étaient beaucoup plus fort que leur adversaire du soir : le Japon. Et ils ont peut-être accordé trop d’importance à leur troisième position au classement Fifa, contre une 61e place pour leur rival asiatique, et à leurs neuf buts marqués lors de la phase de poules de ce Mondial 2018, meilleur bilan des 32 équipes de la compétition. Quand le Japon s’est qualifié au détriment du Sénégal au nombre de cartons jaunes accumulés. Moins glorieux.

Quatre minutes de furie japonaise

Sur le terrain, un bras de fer s’est pourtant engagé. Après une forte domination belge dès les premières minutes, le Japon a plutôt bien défendu collectivement, opposant toujours un pied, un dos ou une cuisse aux tirs européens. Et quand Mertens ou Hazard parvenaient à créer un décalage par un dribble ou une passe, il y avait le gardien Kawashima pour stopper les frappes (26e, 36e). En face, les Japonais, parfois proches de la rupture sur des poussées belges, ont progressivement réussi à construire des séquences de jeu à une touche de balle qui ont gêné les Diables rouges. À l’image de cette action à la 30e minute où Kagawa héritait de la balle à l’entrée de la surface de réparation belge et décalait Nagatomo d’une talonnade. Le centre de ce dernier trouvait la tête d’Inui, dont la reprise filait dans les gants de Thibaut Courtois. Un avertissement pour les Belges. Qui n’en ont pas tenu compte.

Les Diables rouges ont été complètement dépassés par la furie japonaise en l’espace de cinq minutes en début de seconde mi-temps. À la 48e minute, Haraguchi est lancé en profondeur dans le dos de Vertonghen, sans doute le maillon faible de la défense belge. Sa frappe croisée trompe Thibaut Courtois (0-1). Quatre minutes plus tard, Kompany relance n’importe comment un ballon plein axe devant sa surface de réparation. Kagawa récupère l’offrande et sert Inui, qui décoche un tir puissant de 18 mètres, lequel trouve la cible (2-0). La foudre est tombée deux fois au même endroit : sur le but belge.

Au bord du gouffre, la génération dorée belge a pourtant montré qu’elle avait autant de talent que de mental. C’est Vertonghen qui s’est rattrapé le premier en réduisant le score d’une superbe tête lobée, peut-être involontaire, à la suite d’un long cafouillage aérien devant la cage japonaise (1-2, 69e). Puis, c’est Fellaini, sorti du banc belge, qui a remis les compteurs à égalité en reprenant de la tête un centre de Hazard (2-2, 74e).

Le match est devenu fou et dans le dernier quart d’heure, chaque équipe était proche de réussir le K.O. Le tir de Honda (83e) échouait sur Thibaut Courtois. La tête de Lukaku était sauvée par Kawashima (85e). Mais sur un ultime contre, c’est Chadli qui sur un centre au deuxième poteau de Meunier poussait le ballon dans les filets pour envoyer la Belgique en quarts de finale à l’issue d’un come-back renversant (3-2) !

Le fantôme de Lukaku

L’attaquant d’origine congolaise marchait sur l’eau depuis le début du tournoi. En phase de poules, Romelu Lukaku avait inscrit quatre buts. Un total qui le classait comme le deuxième meilleur buteur de la compétition derrière l’Anglais Harry Kane (5 buts), avant d’affronter le Japon. Mais face à une défense asiatique bien regroupée, Lukaku n’a jamais réussi à se servir de sa vitesse pour s’engouffrer dans les espaces. Pire, il a parfois semblé pataud, comme à la 25e minute, quand à la réception d’un centre de Mertens, il ratait sa reprise à cinq mètres du but japonais. Et quand il réussissait son geste dans le même type de position à la 85e, le gardien Kawashima déviait sa tête d’une superbe claquette. Mais il aura une nouvelle chance de briller face au Brésil en quarts de finale.

 

 

 

 

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