Analyses

Mondial 2018 : la France et Mbappé éliminent l’Argentine (4-3)

Killian Mbappé célèbre le 4e but de l'équipe de France face à l'Argentine, en 8e de finale du Mondial 2018 en Russie. © Thanassis Stavrakis/AP/SIPA

La France disputera les quarts de finale du Mondial 2018 face au vainqueur de Portugal-Uruguay, après sa spectaculaire victoire face à l’Argentine (4-3) à Kazan.

C’était un match qui promettait de laisser un champion du monde sur le carreau. Le verdict est tombé en fin de journée, samedi 30 juin dans une Kazan Arena devenu le temps de de ce huitième de finale un clone du stade Monumental de Buenos Aires, où l’Albiceleste a ses habitudes. Et c’est l’Argentine qui va rentrer à la maison beaucoup plus tôt que prévu, alors qu’elle avait clairement affiché ses ambitions universelles.

La France n’était pas une miraculée du premier tour. Elle l’avait bouclé en terminant première de son groupe, mais en proposant un des jeux les plus barbants du premier tour, sanctuarisé par un match nul (0-0) d’une insondable nullité. Ce profil de revenant collait bien mieux aux Argentins, sauvés d’une élimination prématurée par son défenseur Marco Rojo, fossoyeur des illusions nigérianes dans les dernières minutes (2-1). Et les Bleus, malgré les critiques de la presse et de leurs supporters, ont vengé les Super Eagles, en faisant le match qu’il fallait, même si le doute s’était immiscé entre la fin de la première mi-temps, avec l’égalisation de Di Maria, auteur d’une frappe lointaine aussi pure que précise il est vrai favorisée par un marquage trop coulant (1-1, 40e), et le début de la seconde, quand Mercado déviait opportunément une frappe de l’illustre Lionel Messi (1-2, 48e).

Quand Rojo accroche Mbappé…

Seulement, si on se demandait comment la France pourrait s’élever dans la hiérarchie mondiale en ayant pratiqué un football d’épicier au premier tour, il n’était pas interdit de s’interroger sur la réalité des ambitions de l’Albiceleste, souvent plombée par une défense lourde et pleine d’approximations. Et cela, Kylian Mbappé, qui mange, dort et respire foot, l’avait parfaitement compris. L’attaquant d’origine camerouno-algérienne allait beaucoup trop vite pour les défenseurs sud-américains. Sa première accélération, amorcée dans son propre camp, s’est brisée sur les jambes trop raides de Rojo, et Griezmann a transformé le penalty accordé par l’Iranien Alireza Faghani (1-0, 10e).

Pavard, défenseur du VfB Stuttgart, peut postuler au titre honorifique d’auteur du plus beau but de cette Coupe du monde

L’attaquant du Paris-SG avait déjà testé deux minutes plus tôt le manque de vitesse de la défense argentine en obtenant un coup-franc que Griezmann avait expédié sur la barre d’Armani (8e). Et Tagliafico devait à son tour employer les grands moyens pour stopper net la fusée Mbappé, sans que Pogba ne puisse convertir le nouveau coup-franc obtenu par son jeune coéquipier. Mais samedi après-midi, Mbappé avait envie de gonfler ses statistiques, bloquées à un but, certes décisif, inscrit face au Pérou le 21 juin dernier (1-0). Alors, il a attendu son heure tranquillement. Pavard avait remis les Bleus dans le sens du vent en égalisant d’une merveilleuse frappe en demi-volée, un geste qui devrait permettre au défenseur du VfB Stuttgart de postuler au titre honorifique d’auteur du plus beau but de cette Coupe du monde. Et Mbappé, un peu plus discret depuis le début de la seconde période, a soudain décidé de frapper très fort, en moins de cinq minutes.

Un doublé en moins de cinq minutes

Il s’est d’abord arraché pour récupérer un centre de Lucas Hernandez mal dégagé par la défense adverse, pour fusiller Armani d’une frappe siècle du pied gauche (3-2, 64e). Puis c’est son pied droit qui a parlé, dans un style plus subtil, pour prolonger une offrande d’Olivier Giroud (4-2, 69e). La réduction du score lors du temps additionnel d’Agüero de la tête sur un centre de Messi (4-3, 90e + 2) n’a rien changé à l’affaire. On ne sait pas encore si Kylian Mbappé remportera un jour la Coupe du monde. Mais son doublé et son incessante activité ont certainement privé le génie argentin de s’installer, cette année encore, sur le toit du monde…

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