Justice

RDC – Affaire des « mercenaires » : à peine ouvert, le procès Katumbi est renvoyé au 10 octobre

Moïse Katumbi, alors gouverneur du Katanga, lors d'une visite de la minoterie Africa Milling Congo Company, à Kinsevere, près de Lubumbashi, le 21 février 2015. © Gwenn Dubourthoumieu pour Jeune Afrique

Face aux irrégularités soulevées par la défense, la Cour suprême de justice a décidé de renvoyer au 10 octobre le procès de l'opposant Moïse Katumbi et de ses coaccusés dans l'affaire du recrutement de présumés mercenaires.

La première audience de l’affaire dite des « mercenaires » n’aura duré que quelques minutes. Ouvert ce mercredi 27 juin devant la Cour suprême de justice après plusieurs heures de retard, « le procès a été très rapidement renvoyé au 10 octobre », a confirmé à Jeune Afrique une source judiciaire.

« L’affaire n’était pas en état d’être instruite au fond », a commenté pour sa part Me Barthelemy Mumba Gama, l’un de principaux avocats de l’opposant Moïse Katumbi et de ses co-prévenus. D’entrée de jeu, la défense a en effet relevé plusieurs irrégularités dans la saisine des personnes poursuivies qui, selon elle, n’étaient pas toutes « régulièrement saisies ».

Katumbi irrégulièrement saisi

C’est le cas notamment du principal accusé Moïse Katumbi dont la citation avait été déposée auprès de son bourgmestre de commune à Lubumbashi. Mais ce dernier n’aurait jamais transmis cette notification à comparaître à la nouvelle adresse de l’opposant contraint à l’exil depuis deux ans.

Candidat déclaré à la présidentielle, Moïse Katumbi craignait d’être rapidement condamné au cours d’un procès expéditif. Il a annoncé lundi son retour en RDC entre le 24 juillet et le 8 août « pour s’enrôler » et surtout déposer sa candidature.

Darryl Lewis affirme, vidéo diffusée sur les réseaux sociaux à l’appui, qu’il n’a pas pu déposer sa demande de visa pour la RDC

Autre irrégularité : le délai. Selon Me Mumba Gama, « la Cour suprême n’a pas observé les trois mois nécessaires entre le jour d’affichage de la date d’audience, soit le 27 avril, et le jour de l’ouverture du procès ce 27 juin ». Ainsi « en renvoyant l’audience après avoir constaté ces irrégularités, les juges de la Cour suprême de justice ont agi en toute responsabilité », s’est-il félicité.

Vidéo et acte notarié à l’appui

Dans cette affaire, la justice soupçonne Moïse Katumbi d’avoir mis à son service plusieurs anciens militaires américains qu’il aurait fait venir dans l’ex-Katanga. Darryl Lewis, un ressortissant des États-Unis, a été arrêté le 24 avril 2016 dans le sillage de l’ancien gouverneur, puis renvoyé dans son pays après quelques jours de tractations diplomatiques.

Darryl Lewis affirme, vidéo diffusée sur les réseaux sociaux à l’appui, qu’il n’a pas pu, le lundi 25 juin, déposer sa demande de visa pour la RDC à l’ambassade congolaise à Washington. Un « choc pour moi », conclut ce co-prévenu de Moïse Katumbi dans un acte notarié dont Jeune Afrique a pu consulter une copie (voir ci-dessous).

« Comment peut-on convoquer une personne à se présenter devant la plus haute instance judiciaire du pays et lui refuser en même temps le droit d’entrer dans le territoire ? » interroge-t-on dans l’entourage de Moïse Katumbi.

Pour l’instant, aucune de nos tentatives pour joindre l’ambassade de la RDC aux États-Unis n’a abouti.

 

Fermer

Je me connecte