Politique

Centrafrique : le passeport diplomatique de Boris Becker est « un faux », affirme Bangui

L'ancienne star du tennis Boris Becker, six fois titré en Grand Chelem © J.Hasenkopf/Shutt/SIPA

Le passeport diplomatique de Boris Becker, ancienne gloire allemande du tennis qui s'est prévalu d'une supposée immunité diplomatique centrafricaine pour échapper à la banqueroute, est « un faux », a déclaré mardi le directeur de cabinet du ministre centrafricain des Affaires étrangères.

« Le passeport diplomatique qu’il (Boris Becker) détient est un faux », a assuré Chérubin Moroubama, directeur de cabinet du ministre des affaires étrangères centrafricain, Charles Armel Doubane. La semaine dernière, Boris Becker, endetté, a tenté de se prévaloir d’une immunité diplomatique centrafricaine pour échapper à des procédures judiciaires au Royaume-Uni, mettant en avant son rôle d' »attaché » de la Centrafrique auprès de l’Union européenne.

« La décision d’entamer des procédures pour banqueroute contre moi était injustifiée et injuste », a-t-il déclaré dans le communiqué diffusé par ses avocats. « J’ai à présent fait valoir mon immunité diplomatique, comme j’y suis tenu, afin de mettre un terme à cette farce, pour que je puisse commencer à rebâtir ma vie. »

Le passeport affiche un numéro de série qui correspond à « des passeports vierges volés en 2014 »

Les avocats de l’ancien numéro 1 mondial et triple vainqueur de Wimbledon, 50 ans, ont déposé un recours jeudi 14 juin devant la Haute Cour britannique dans lequel ils font valoir cet argument. Selon ses avocats, cette immunité suppose que toute action juridique contre l’ancien tennisman doit être préalablement approuvée par le chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson, et par son homologue centrafricain.

« Le profil de poste de Becker n’existe pas » dans les fichiers centrafricains a rétorqué mardi le directeur de cabinet. Le passeport en question, qui a été établi le 19 mars 2018, affiche un numéro de série qui correspond à « des passeports vierges volés en 2014 », selon Chérubin Moroubama.

De plus, selon lui, la signature et le cachet sur le document ne sont pas ceux du ministre. Enfin, sur le passeport, la fonction diplomatique de Becker est « chargé de mission finance », ce « qui n’a rien à voir avec les questions sportives », remarque le directeur de cabinet.

Après-carrière cauchemardesque

Cette déclaration du directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères vient donc contredire les propos de l’ambassadeur de Centrafrique en Belgique, Daniel Emery Dede. Dans une interview à la radio allemande Deutsche Welle lundi, ce dernier avait en effet « confirmé » que Boris Becker avait bien un passeport diplomatique.

En avril, l’ancien joueur de tennis avait posté sur Twitter une photo d’une rencontre avec le président Faustin-Archange Touadéra, à Bruxelles, sur laquelle on voit les deux hommes se serrant la main, sourire aux lèvres.

Six fois titré en Grand Chelem, « Boum Boum » Becker a remporté 49 titres et obtenu plus de 20 millions d’euros de gains pendant sa carrière sportive. Mais la gestion de son après-carrière a viré au cauchemar au point qu’un tribunal londonien l’a déclaré en faillite en juin 2017. La demande de mise en faillite avait été faite par les banquiers privés Arbuthnot Latham & Co, et concernait une dette due par Becker depuis 2015.

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