Transport terrestre

Sénégal : Eiffage et l’État renégocient les péages autoroutiers

Autoroute à péage à la sortie de Dakar. © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

Lors du dernier Conseil des ministres, le 11 juin, Macky Sall a demandé au gouvernement d'accélérer la finalisation, avant fin juin 2018, du processus de renégociation des tarifs de péage de l’autoroute Patte d’Oie-Aéroport international Blaise Diagne (AIBD). 

Au Sénégal, les tarifs pratiqués sur la première autoroute à péage du pays, qui relie la capitale au nouvel aéroport Blaise-Diagne (AIBD) – 3 600 FCFA (5,49 euros) -, suscitent la grogne. « Ils sont parmi les plus chers du monde, et ne correspondent pas aux revenus des Sénégalais », estime ainsi Bachir Fofana, porte-parole du Collectif citoyen des usagers de l’autoroute à péage.

Ce collectif réclame également davantage de sécurité et d’éclairage sur l’axe Dakar-AIBD, après deux accidents mortels provoqués par des animaux errants, dont celui qui a causé la mort de Papis Baba Mballo, du groupe de rap Gelongal, en mai dernier.

Le chef de l’État a donc saisi le Conseil des ministres du 11 juin de cette question, et a demandé au gouvernement de mettre en place un dispositif cohérent et performant de régulation et de suivi-évaluation de l’exploitation des autoroutes à péage, dans l’ouverture prochaine des autoroutes Ila-Touba, AIBD-Thies et AIBD-Sindia-Mbour.

Un comité de réflexion pour la renégociation des prix a été mis sur pied au sortir de ce conseil. Il regroupe des agents du ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, du ministère de l’Économie des Finances et du Plan, du Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis), de l’Agence de promotion des investissements et des grands travaux (Apix) et des représentants d’Eiffage.

31 % des recettes pour l’État

Ce comité, qui s’est réuni pendant deux jours à l’hôtel Pullman de Dakar, a transmis les résultats de ses travaux le 14 juin au ministre en charge des Infrastructures, Abdoulaye Daouda Diallo, qui l’a remis à son tour au président Macky Sall. Selon ce rapport, 31 % des recettes générées par l’exploitation de l’autoroute à péage revient à l’État, 25 % à Eiffage, qui doit faire face aux différentes charges liées à la gestion de l’autoroute (paiement des agents, entretien de l’autoroute…), et 44 % va au remboursement des dettes contractées par l’État auprès des bailleurs de fonds (Banque mondiale, BOAD, BAD).

Aucune information n’a en revanche filtré sur les nouveaux prix proposés. Didier Payerne, directeur de l’exploitation d’Eiffage en charge de l’autoroute, estime qu’un accord pourrait intervenir d’ici le milieu de semaine. Mais Bachir Fofana se félicite déjà du mouvement impulsé par le président de la République. « Il a donné des instructions pour que la baisse des prix intervienne avant la fin du mois de juin ».

Le Collectif citoyen des usagers de l’autoroute à péage plaide pour une réduction de moitié des tarifs pratiqués au niveau de chaque poste de péage. Il réclame en outre « la publication du contrat de la concession entre Eiffage et l’État du Sénégal pour mieux apprécier son exécution ». Le porte-parole du Collectif regrette également de ne pas être convié à la table du comité de réflexion pour la renégociation des prix des péages.

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