Analyses

Mondial 2018 – Groupe H : le Sénégal a des raisons d’y croire

L'équipe de football du Sénégal avant le match du Groupe B de la Coupe d'Afrique des Nations contre le Zimbabwe au Stade de Franceville, au Gabon, le 19 janvier 2017. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Avec le Japon, la Pologne et la Colombie, le Sénégal a hérité d’adversaires solides et expérimentés. Et a un vrai coup à jouer dans un groupe considéré comme un des plus homogènes du premier tour.

Il y a seize ans, lors de sa première et unique apparition à ce niveau, le tirage au sort n’avait pas été d’une grande indulgence pour les Sénégalais. Ces nouveaux venus avaient écopé de la France, championne du Monde et d’Europe en titre, de l’Uruguay et du Danemark. On connaît la suite : les Lions avaient fait mentir tous les pronostics en atteignant les quarts de finale face à la Turquie (0-1 a.p), accomplissant un des plus beaux parcours d’une équipe africaine en phase finale. Cette fois-ci, le Sénégal n’affrontera aucun cador, mais des sélections habituées aux grandes compétitions.


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LES ADVERSAIRES

L’avis de Patrick Mboma (ancien international camerounais)

« Le Japon, avec ses joueurs vifs et techniques, est à mon sens l’équipe qui va correspondre le moins au profil sénégalais, plus axé sur la puissance. Mais il est possible aussi que les Japonais se soient tirés une balle dans le pied en virant Vahid Halilhodzic à deux mois du Mondial. C’est très risqué… Pour la Pologne, je ne m’en remets pas qu’au seul talent de buteur de Robert Lewandowski : c’est une équipe sérieuse, rigoureuse, solide. Quant à la Colombie, elle dispose d’une réelle force offensive avec Falcao et Rodriguez, mais elle a aussi des failles tactiques et défensives, qu’il est possible d’exploiter. »

L’avis d’Ammar Souayah  (ancien sélectionneur de la Tunisie)

« Les adversaires des Sénégalais ont des caractéristiques bien à eux. Ils ont fait preuve d’une certaine régularité ces dernières années. La Colombie et le Japon ont des qualités techniques évidentes, même si les Japonais sont plus vifs. La Pologne fait partie des bonnes équipes européennes. Elle est disciplinée, solide et possède un buteur de haut niveau avec Lewandowski. C’est un groupe très homogène, où tout le monde peut battre tout le monde. »


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LE SÉNÉGAL

L’avis de Patrick Mboma 

« Aliou Cissé semble avoir trouvé l’équilibre qu’il cherchait. Il va s’appuyer sur un groupe qu’il connaît bien. J’ai vu, lors des deux derniers matches amicaux en mars dernier contre l’Ouzbékistan (1-1) et la Bosnie-Herzégovine (0-0), qu’il avait testé un 3-5-2 alors qu’il s’est qualifié avec un 4-4-2. Changer de système aussi tard, c’est risqué. On verra ce qu’il fera en phase finale. Collectivement, le Sénégal dégage une vraie force. La défense est bonne. Et l’équipe possède les arguments offensifs que l’on sait avec Sadio Mané notamment. Il y a moins de certitudes sur le poste de gardien, mais sa défense est une des plus solides du continent. Le Sénégal peut finir  parmi les deux premiers. »

L’avis d’Ammar Souayah

« Le Sénégal mise d’abord sur une défense solide. Mais lors d’une Coupe du Monde, il ne faut pas seulement miser sur cela et attendre une erreur de l’adversaire. Les Lions ont les joueurs qu’il faut pour jouer plus haut. Il y a de la puissance, de la qualité technique et de la rigueur dans cette équipe. Elle encaisse peu de buts et elle a des joueurs offensifs de très bon niveau, Mané en tête. Pour réussir une Coupe du Monde, il faut aussi que l’environnement soit sain, qu’il n’y ait pas de problèmes de primes. Le Sénégal semble évoluer dans un bon climat, avec des éléments de la génération 2002 comme Cissé, Daf et Sylva. Je pense que cette équipe peut atteindre les huitièmes de finale. »

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