Société

Algérie : la tension monte après l’exclusion de près de 800 médecins résidents

Manifestation des médecins résidents algériens le 24 avril 2018 à Alger © Facebook/ Camra

Suite à l'exclusion de près de 800 résidents de centres hospitalo-universitaires, les médecins résidents grévistes ont décidé de renforcer leur mouvement de contestation entamé depuis sept mois. Des rassemblements ont eu lieu le 17 juin et d'autres sont programmés dans la semaine.

Le secteur de la santé est entré dans une phase critique. Dimanche 17 juin, plusieurs rassemblements de médecins résidents ont été organisés dans les quatre coin de l’Algérie. En cause : l’expulsion, dès le 13 juin denier, de près de 800 futurs médecins de différentes spécialités, des centres hospitalo-universitaires.

Dès l’annonce de ces exclusions, Hamza Boutaleb, le porte-parole du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra), prévenait déjà à Jeune Afrique : « Nous continuons notre mouvement. Des marches, des sit-in et des assemblées générales seront organisés dans les prochains jours », annonçait-il alors. Après le fort rassemblement du 17 juin, d’autres manifestations sont prévues. Selon Hamza Boutaleb, les médecins résidents ne reprendront pas le travail tant que leurs collègues ne seront pas réintégrés.

Des résidents déterminés

« Nos collègues ont été priés d’enlever leurs effets personnels de la chambre des résidents », affirme le docteur. « Ces exclusions ne nous intimide pas, au contraire, elles ne font que resserrer nos rangs », ajoute-il.

Depuis maintenant sept mois, ces médecins résidents sont en grève pour faire aboutir leurs revendications. Mais les autorités, elles, ne cèdent pas, comme en témoigne cette dernière décision. Ces exclusions ont été annoncées publiquement au lendemain de ce qui a été perçu comme une volte-face du Collectif.

Le 12 juin, le Camra annonçait en effet sur Facebook, via un document officiel, la reprise des gardes d’urgences, avant de faire marche arrière et de prôner la poursuite de la grève. Un document qui aurait « fuité », selon Hamza Boutaleb. « C’est une erreur qu’a commis l’un de nos collègues qui dirige la page Facebook du Camra. Il a publié le document sans en avoir consulté la base. Il devait être modifié avant sa publication, qui ne devait survenir qu’après l’accord des résidents », ajoute le docteur Boutaleb.

Le Collectif fragilisé par une erreur interne ?

Une fuite qui a créé une panique générale au sein de la base : des médecins résidents se sont mis en colère contre leurs délégués nationaux, et cet appel à la reprise des gardes a semé le doute et provoqué une division interne entre les futurs médecins spécialistes. Plusieurs d’entre eux s’étaient ainsi réunis dans les quatre coins du pays et avaient émis des communiqués rejetant l’appel à la reprise des gardes.


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D’autre part, cette erreur « a dévoilé la mauvaise foi de la tutelle qui refuse toutes négociations avec nous », déclare Hamza Boutaleb. Ce dernier, pourtant, confirme avoir reçu un appel de la part de la tutelle l’invitant à une réunion le jeudi 14 juin. Le ministre de la Santé a, lui, démenti dans un média algérien la tenue de cette réunion.

Je ne serai plus médecin », déplore un médecin résident

Avant la mise à l’écart des 800 médecins résidents, ceux-ci avaient reçu des « menaces » du ministère de l’Enseignement supérieur, affirment des médecins. « Ils ont menacé d’exclure tout médecin résident qui ne passerait pas l’examen au diplôme d’études médicales spécialisées (Dems) », affirme Sofiane Bensebaa, médecin résident au CHU de Tizi Ouzou. « Je ne serai plus médecin, mon cursus tombe à l’eau si je ne passe pas cette épreuve », déplore-t-il.

En réponse au ministère, les médecins résidents ont donc décidé de boycotter une nouvelle fois les examens.

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