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En RDC, Glencore et la Gécamines enterrent la hache de guerre

La mine de cuivre Frontier à Sakania, à la frontière avec la Zambie, à l'extrême sud-est de la province minière du Katanga, en République démocratique du Congo, le 3 mars 2015. © Gwenn Dubourthoumieu pour Jeune Afrique

Après avoir frôlé le divorce en avril, les deux partenaires détenteurs de la Kamoto Copper Company (KCC) viennent de conclure un accord, Glencore s’engageant notamment à verser 150 millions de dollars à la société d’État.

Début février, lors de la conférence Mining Indaba, au Cap, le patron de la Gécamines, Albert Yuma, avait annoncé son intention de renégocier tous ses contrats de partenariats dans 17 projets miniers au Katanga à partir du mois d’avril.

Un engagement tenu, puisque le 20 avril, la société minière congolaise a assigné en justice la Kamoto Copper Company (KCC), la coentreprise qu’elle détient avec une filiale de Glencore pour l’exploitation du cuivre congolais, pour demander sa dissolution. En cause, la « non-reconstitution des fonds propres » de cette joint-venture, détenue à 25 % par la Gécamines et à 75 % par Katanga Mining, et l’endettement de KCC à l’égard de sa maison-mère Glencore à des taux bien plus élevés que ceux auxquels celle-ci emprunte.

Le 12 juin, les deux sociétés sont finalement parvenues à un accord, entraînant le désistement de Gécamines de la procédure judiciaire de dissolution de KCC. Parmi les conditions de cet accord, la conversion en action d’une partie de la dette de KCC (5,6 milliards de dollars sur un endettement total de 9 milliards de dollars), l’encadrement des taux applicables sur les prêts intra-groupes, qui ne pourront plus excéder 6 %, ainsi que le versement d’une « indemnité transactionnelle » de 150 millions de dollars par le groupe Katanga en faveur de la Gécamines.

Bénéfices prévus pour 2019

Les 12 et 13 juin, chacune des deux parties a publié un communiqué exprimant leur désir de « clore ce passif de disputes commerciales » et d’aller de l’avant « grâce à un nouveau partenariat gagnant-gagnant ».

La société congolaise précise en outre que sur la base du business plan actuel, elle devrait percevoir – dès l’exercice 2019 et pour la première fois – des dividendes, et que « les bénéfices permettront le paiement d’impôts sur les sociétés contribuant à renflouer significativement les caisses de l’État congolais« .

La société d’Albert Yuma ne fait pas mystère de sa volonté de poursuivre la discussion avec ses autres partenaires. « Gécamines forme le vœu que les négociations à venir avec d’autres partenaires et sociétés s’ouvrent dans un climat pareillement ouvert et respectueux et connaissent un aboutissement tout aussi satisfaisant », conclut en effet le communiqué.

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