Agroalimentaire

La Côte d’Ivoire recherche 616 milliards FCFA pour protéger sa forêt

Chutes d'eau de la Niawa, près du parc national de Taï, en Côte d'Ivoire. © Nabil Zorkot / REA

Le gouvernement ivoirien vient de lancer un stratégie ambitieuse, destinée à protéger les forêts, dont la surface a été divisée par 3 en 50 ans. Un premier objectif : lever 616 milliards F CFA sur dix ans pour financer le plan national de préservation, de réhabilitation et d'extension des forêts.

De 16 millions d’hectares dans les années 1960, la taille de la forêt ivoirienne est estimée désormais à 3 millions d’hectares, couvrant à peine 11 % du territoire national.

Destruction accélérée

« La déforestation progressive du pays est la conséquence de trois phénomènes, l’activité agricole, en particulier la production de cacao, l’exploitation forestière et l’orpaillage clandestin », a expliqué Bruno Koné, le porte-parole du gouvernement. Une destruction accélérée du patrimoine naturel ivoirien auquel le gouvernement espère mettre un terme, en déployant notamment un nouveau plan national de préservation.


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Par ailleurs, selon les informations de Jeune Afrique, le président ivoirien Alassane Ouattara, de plus en plus inquiet du recul de la forêt ivoirienne, a ordonné aux forces spéciales de se déployer pour venir en soutien aux forces de sécurité dans la protection des forêts du pays.

Un nouveau plan de préservation

JACQUES TORREGANO POUR J.A.

D’ici la fin 2018, le gouvernement entend organiser un tour de table des bailleurs de fonds en vue de mobiliser 616 milliards F CFA sur dix ans (environ 939,1 millions d’euros), avec pour objectif de financer le nouveau plan national de préservation, de réhabilitation et d’extension des forêts.

Le gouvernement, qui tablait à l’origine sur 1 000 milliards F CFA correspondant aux première estimations du ministère des Eaux et forêts, a revu ses ambitions à la baisse après des études plus poussées.

Le financement viendra de l’État, des bailleurs de fonds et des partenaires impliqués dans la lutte contre la déforestation. Pour le moment, aucune clé de répartition n’a été arrêtée. Elle sera discutée dans les semaines à venir.


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Un document confidentiel obtenu par Jeune Afrique détaille la stratégie du gouvernement. Fin mai, les surfaces de plusieurs forêts classées et protégées ont été étendues. Sur les 102 forêts classées répertoriées dans le pays, environ 2,4 millions d’hectares sont concernés. De plus, le gouvernement va mettre en place un nouveau code forestier pour compléter le cadre réglementaire.

Le principe d’agro-foresterie a été maintenu. Cette pratique vise à coupler l’agriculture intensive – en poursuivant l’exploitation des terres déjà utilisée – avec le reboisement des forêts atteintes à plus de 75% de leurs superficies.

Un soutien d’urgence pour l’administration forestière

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao a longtemps fermé les yeux sur la destruction de ses massifs forestiers au profit de la production cacaoyère afin de consolider sa place de leader. La production de cacao, qui était de 1,2 million de tonnes au cours des années 2000, a presque doublé pour atteindre 2 millions de tonnes en 2017.

En attendant de déclencher son plan, le gouvernement a décaissé d’urgence 4 milliards F CFA pour appuyer et soutenir l’administration forestière dans sa lutte contre la déforestation sauvage. En 2016, environ 186 sites d’orpaillage clandestin avaient été démantelé avec une centaine d’individus interpelés. Cependant, 142 sites avait repris l’exploitation illégale avec des complicités, démontrant que le combat du gouvernement pour la sauvegarde et la réhabilitation des forêts est un long chemin sinueux et plein d’obstacles.

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